Oral de bibliothécaire d’état, externe

Oral de bibliothécaire d’état, externe

Le blog s’enrichit de nouvelles contributions et j’en suis ravie. Vous pourrez lire dans les mois à venir un billet de Monavalotte, qui vient de réussir conservateur d’état en externe. Ci-dessous un billet d’Anjali, bibliothécaire d’état, concours réussi en externe également. Merci à elles pour ces compte-rendus :-)
Afin de poursuivre le travail de Liber libri autour des concours de bibliothèque, je voudrais livrer moi-même le compte-rendu des oraux de bibliothécaire d’Etat, concours que j’ai obtenu en externe au mois de mai dernier.
Comme j’ai pu bénéficier d’une séance d’oraux blancs avant les véritables épreuves, j’évoquerai ces coups d’essai en parallèle et complément à la description du « vrai» concours.
Mes souvenirs s’étant cependant estompés plus vite que je n’aurais cru, je ne peux plus communiquer tous les détails de mes prestations et des questions, commentaires du jury. Toutefois, la nature des textes, les axes que j’ai développés et les impressions générales que j’ai eues à l’issue des épreuves sont encore assez frais dans ma mémoire.
I. Le commentaire de texte
Rappelons tout d’abord les consignes officielles de cette épreuve :
« Conversation avec le jury permettant d’apprécier les motivations du candidat et débutant par le commentaire d’un texte, tiré au sort au début de l’épreuve, portant sur les grands thèmes de l’actualité (intellectuelle, culturelle, économique et sociale), les relations des bibliothèques avec leur environnement, les principes généraux de l’organisation administrative de l’Etat et des collectivités territoriales (préparation : trente minutes ; durée de l’épreuve : trente minutes, dont commentaire : environ dix minutes et conversation : environ vingt minutes ; coefficient 4).»
1. L’oral blanc
  • Quelques mots sur le texte
Pour ma part, j’ai eu à commenter un article extrait du Monde 2 de 2009, reproduction d’un article datant en fait de 1969 à l’issue du mandat d’André Malraux au Ministère des Affaires culturelles. Le texte n’était donc en aucun cas contemporain.
L’article lui-même était divisé formellement en deux parties égales : d’une part les liens entre culture et Etat en France selon une perspective diachronique depuis l’Ancien Régime, d’autre part l’action de Malraux dans les années 1960, ses nouveautés et ses manques.
Les textes à destination des candidats externes comme internes étaient mêlés, ce qui n’a pas laissé de m’étonner.
Voici quelques autres articles analysés par mes camarades d’infortune ce jour-là : textes issus de la presse professionnelle, article des Echos évoquant la réforme de la fonction publique, analyse du darwinisme, envolée littéraire et lyrique sur le concept de bibliothèque.
  • Le commentaire
Introduction : classique, présentation du texte, de Malraux, de la problématique soulevée par le journaliste (à savoir les rapports entre culture et pouvoir politique en France)
Première partie : les liens entre la culture et l’Etat, et les changements induits par le ministère de Malraux.
J’ai en fait repris en les analysant, les critiquant et les complétant des éléments de l’article.
Deuxième partie : évolution de la situation depuis la date de l’article (1969).
J’ai par exemple traité du ministère de Lang, de la décentralisation, des actions du ministère de la culture par rapport aux bibliothèques en particulier, du rôle des collectivités territoriales. J’ai beaucoup orienté cette partie sur les bibliothèques territoriales car il était avant tout question du ministère de la culture.
Conclusion : je me rappelle seulement mon élargissement de la question en posant la question d’une culture nécessairement liée ou au contraire affranchie du pouvoir politique.
  • La conversation
Le jury a repris quelques points de détail pour me faire préciser des dates, des sigles.
Les questions ont d’abord porté sur des éléments étroitement liés à mon commentaire ou au texte : l’action culturelle des BM, les acteurs publics et privés qui peuvent y participer (entreprises, associations etc), les acteurs de l’Etat dans le domaine culturel (Drac, CNL etc), les responsabilités des collectivités territoriales en matière de culture depuis 2004, les bibliothèques de comité d’entreprise…
D’autres questions se sont centrées sur mon parcours professionnel (je travaille en BU) : la loi LRU, définition, ce qu’elle change pour les universités, les BU.
Le jury m’a également demandé de me présenter brièvement à ce moment de l’entretien : j’ai donc évoqué mon parcours universitaire, mes expériences professionnelles en bibliothèque, mes missions actuelles en achevant par les raisons qui m’ont incitée à passer ce concours (évoluer dans le métier, avoir des missions scientifiques plus prégnantes, encadrement d’équipe).
2. L’oral du jour J
  • Quelques mots sur le texte
D’après ce que j’ai pu apercevoir le matin de l’épreuve, les textes étaient de nouveau mêlés pour candidats internes et externes mais divisés en thèmes généraux (malheureusement, je ne me rappelle plus les intitulés).
J’ai eu à étudier un article extrait d’un BBF récent, et issu plus précisément d’une analyse concernant la coopération entre bibliothèques publiques et universitaires.
Mon texte traitait de la Suède (il s’agit de l’encadré grisé en fin de page http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2009-02-0018-003). Je n’avais bien sûr pas accès à l’ensemble de l’article. L’extrait montrait l’existence d’un réseau fort dans ce pays entre les différentes types de structures tant au niveau des actions menées que des tutelles administratives, du budget.
Ce texte devait être mis en résonance avec la situation française et permettait de parler de tous types de bibliothèques.
  • Le commentaire
Première partie : les réseaux et coopérations existant en France
Pourquoi cette coopération est nécessaire : missions complémentaires de toutes les bibliothèques (formation continue), maillage du territoire plus efficace, mutualisation des ressources et mise en valeur…
J’ai évoqué notamment la BNF et ses pôles associés (auxquels participent des structures territoriales), les BU (SCD, Cadist, PRES), outils collectifs comme les catalogues, les initiatives locales mêlant toutes bibliothèques comme le catalogue Revodoc en Val-d’Oise.
En parallèle, j’ai repris des éléments du texte concernant les établissements suédois.
Deuxième partie : lacunes de cette coopération, ce qui reste à accomplir
2 fonctions publiques encore très différentes (administration, tutelle, budget). Rappel de leur scission dans les années 70.D’où des difficultés « humaines» parfois à faire travailler ensemble des fonctionnaires issus de ces deux ministères.
Pas de réseau national pour les bibliothèques publiques.
  • La conversation
Le jury n’a pas réellement repris mon commentaire mais a simplement demandé quelques précisions : développer le sigle Cadist, citer des exemples dans plusieurs disciplines ; parler du CCFR ; les différents modes de recherche (moteur type Google, index etc) ; développer le sigle PRES, évoquer leur création, leurs missions.
Les autres questions professionnelles échappent à ma mémoire mais se fondaient sur les problématiques soulevées par le texte.
Mise en situation professionnelle : comment mener un projet de construction ou de rénovation d’établissement (interlocuteurs, outils comme l’étude de faisabilité). Les autres questions de cette partie de l’entretien (mon intérêt pour le métier, pourquoi ce concours…) étaient similaires à l’oral blanc.
Impressions/ Conseils
Les textes portent moins sur la culture générale telle qu’on peut en rencontrer dans les concours de conservateur, mais davantage sur la culture professionnelle au sens large.
De plus, la tendance depuis quelques sessions, semble de mêler sujets pour internes et externes et de favoriser chez le candidat la connaissance du métier et de son environnement culturel, institutionnel etc.
Ainsi, il est recommandé d’être très au fait des questions touchant à la profession par le biais de la presse spécialisée. Il faut connaître parfaitement les institutions liées à l’Enseignement supérieur mais aussi à la Culture, tous les types de bibliothèques (universitaires, territoriales, d’entreprises, associatives).
D’une manière générale, il faut suivre également les questions touchant à la culture, à l’enseignement, à la fonction publique dans la presse généraliste.
Les réformes dans ces domaines doivent être connues de façon très précise (date des lois, contenus par exemple) ainsi que les tendances actuelles et les innovations du métier (nouveaux outils comme le Web 2.0, nouveaux usages etc). Pour ce dernier point, il est très utile de consulter régulièrement les sites, blogs spécialisés.
Cette épreuve nécessite enfin une approche très concrète du métier : valoriser toutes ses expériences professionnelles face au jury. Celui-ci n’hésite pas à placer le candidat dans des situations professionnelles. Il faut donc également bien connaître les missions dévolues à un bibliothécaire d’Etat.
Pour ceux qui l’ont passé, ce concours m’a fait penser à l’oral d’assistant qualifié en version plus précise et plus exigeante.

II. L’épreuve de langue (anglais pour moi)
Comme précédemment voici le texte officiel définissant l’épreuve :
« Epreuve orale de langue comportant la traduction sans dictionnaire d’un texte rédigé en langue vivante étrangère (allemand, anglais, arabe, espagnol, italien, portugais ou russe, au choix du candidat exprimé au moment de l’inscription), suivie d’un échange dans la même langue avec le jury à partir de questions posées par celui-ci portant sur ledit texte (préparation : trente minutes ; durée de l’épreuve : trente minutes, dont traduction, environ dix minutes, et conversation, environ vingt minutes ; coefficient 1).»
1. L’oral blanc
  • Les conseils des formateurs
Malgré les directives officielles, le déroulement de l’épreuve a suscité de nombreuses interrogations chez les candidats : la traduction porte-t-elle sur tout le texte ? Faut-il le lire ? Y a-t-il un commentaire à élaborer d’emblée ?
Ainsi, nous avons reçu des conseils assez efficaces :
-durant la préparation, traduire le texte mais pas in extenso, seulement en notant les passages plus ardus. Mais profiter du temps libéré pour élaborer des pistes de commentaire en notant des mots clés (l’entretien se faisant exclusivement dans la langue choisie).
-attendre les ordres du jury. Celui-ci peut demander une lecture ou non, une traduction plus ou moins longue, poser des questions ou réclamer un petit commentaire.
  • L’épreuve
Mon texte était un article américain du Time magazine évoquant, à travers le chien du Président Obama, l’intérêt politique des animaux aux Etats-Unis.
Le jury m’a demandé de lire un bref passage et de le traduire.
La traduction a été reprise immédiatement, j’ai dû préciser des points de grammaire ou de lexique. J’ai été guidée pour trouver la traduction de phrases dont le sens m’échappait.
Enfin, des questions de civilisation ont suivi à partir du texte : qui est tel homme politique cité ? Telle association ?
Enfin j’ai dû donner mon opinion sur le texte, élaborer un petit commentaire autour de la problématique principale (en résumé, l’utilisation des animaux pour asseoir une image politique, publique) en comparant à la situation française.
2. L’oral du jour J
Le texte était bien plus bibliothéconomique, extrait d’un article anglais. Il analysait, à travers l’interview de divers professionnels issus de plusieurs structures (bibliothèques municipales, d’institut, de prison, d’université…), du décalage entre la/les réalités du métier et l’image que les gens en ont. Il va sans dire que l’article jouait sur les clichés inhérents à la profession et mettait en lumière la diversité et la richesse des missions dévolues aux bibliothécaires.
Le jury m’a proposé de lire une partie du texte, de la traduire. Là encore, la reprise a été faite tout de suite après ma prestation et de façon assez détaillée.
Les questions ont ensuite tourné autour du texte et de ses problématiques : les clichés liés aux bibliothèques, la thèse de l’auteur, la formation professionnelle en Angleterre par rapport à la France, les différences selon les structures, ma propre opinion à partir de différentes citations du texte qui ont mené le jury à m’interroger sur ma vision du métier.
Impressions/ Conseils
En anglais, les textes sont des articles issus de la presse souvent généraliste britannique ou américaine.
Il est donc utile d’en connaître les principaux titres et les orientations politiques et idéologiques des différents journaux.
Il faut également se renseigner sur les problématiques liées à la culture, les bibliothèques, l’enseignement dans le monde anglo-saxon, notamment Angleterre et Etats-Unis mais aussi en suivre l’actualité en général.
Par Anjali84
La préparation pour cette épreuve doit se faire sur le long cours : lire des articles de presse, trouver des occasions d’entendre de l’anglais (radios comme BBC, chaînes TV, films en VO) et si possible de le parler.
Enfin, on peut reprendre des manuels du secondaire et apprendre quelques liste de vocabulaire de base sur certains thèmes (les médias, la politique…) et surtout les outils permettant l’analyse d’un texte et l’expression des idées (termes de liaison, modalisateurs).
A propos du jury
Pour l’épreuve de commentaire, il se compose de trois professionnels des bibliothèques.
En ce qui concerne l’épreuve de langue, deux personnes font partie du jury : un professionnel des bibliothèques et un professeur de langue.

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