Oraux de conservateur

Oraux de conservateur

Nouveau billet sur les concours internes, sous la pression de mes twittos préférés qui se reconnaîtront ! Mais c’est le dernier, ensuite journées d’étude ou pas, actualité brûlante ou pas, je serai en va-can-ces de blog !
J’étais aussi convoquée sur deux jours : mardi après-midi pour la motivation, mercredi dès 8h15 pour l’espagnol, puis 13h15 pour la culture générale.
Je copie/colle, depuis le billet assorti pour les oraux de bibliothécaire interne, mon conseil préalable : les jurys ne sont pas les mêmes d’une année sur l’autre et l’orientation des questions peut changer du tout au tout. Les billets que nous pouvons publier de nos expériences à l’oral ne doivent donc pas trop orienter vos révisions.
  • Oral de motivation (interne)

“Il faut mener une réflexion approfondie sur la mobilité et les carrières”, La Gazette, 25 mars 2013. Dix minutes de commentaire, suivies de vingt minutes de questions.

Commentaire (notes en vrac d’après mes brouillons) :
I – Un statut protecteur mais un manque de reconnaissance
– emploi garanti, statut de la FP (1983),
– satisfaction des agents, dit la ministre
– statut qui offre aussi des garanties aux usagers des services (obligation de neutralité, de discrétion des agents, etc)
– pour les agents par contre, peu de perspectives de carrière hors concours et promotion
– la formation des agents se développe mais n’est pas suffisante pour permettre une véritable évolution des carrières.
– importance de la VAE
– peu de reconnaissance du travail des équipes, selon les agents
II – Mais des réformes à la fois nécessaires et impopulaires
– MAP : suite de la RGPP (définitions)
– certains ministères sont beaucoup plus touchés par la baisse des effectifs. L’ESR est relativement épargné.
– exemple des CAF, de Pôle emploi : traitement des dossiers plus rapide par manque de personnel. Les usagers perçoivent une qualité de service moindre.
– Pourtant des actions parfois importantes : charte de qualité accueil. Ont par exemple obligé à repenser les procédures.
– La question de la mobilité est impopulaire chez les agents, pourtant elle peut apporter un enrichissement à une carrière. Cependant les questions familiales sont à prendre en compte.
– L’allongement du temps de travail par la réforme des retraites : le journaliste demande si c’est une solution pour pallier les suppressions de postes.
– Question de la pénibilité si les agents sont plus âgés et des risques psycho-sociaux
Conclusion : statut protecteur mais le nombre accru de réformes a suscité l’inquiétude des agents. Malaise auquel il convient de répondre en tenant compte des contraintes budgétaires, ce qui n’est pas aisé.

Questions
Contrairement au concours de bibliothécaire où le jury avait lu mon RAEP mais ne m’avait posé que peu de questions sur mon parcours, cette fois j’ai de nombreuses demandes de précisions par rapport à ce que j’avais pu écrire. 
– une réforme en cours dans la FP ? (le texte y faisait allusion)

– comment motiver un agent ? et s’il n’est pas promouvable ?

– la RGPP a-t-elle permis de réduire le nombre de fonctionnaires ?
– des questions sur mon parcours, sur le fait que je n’ai pas enseigné avec un CAPES, sur ma participation au groupe bibliothèques hybrides,
– mon expérience de l’encadrement (je m’occupe des tuteurs à la BU),
– relations bibliothécaires/chercheurs,
– qu’attendez-vous de l’enssib ?
– …

  • Oral de culture générale (interne)
Commentaire : vous êtes des grands, vous avez compris le principe. Non, pas de “tu pourrais recopier ce brouillon aussi” qui tienne !

Questions :
– plusieurs questions sur le texte,
– déconcentration, décentralisation ; rôle des préfets (impact de la décentralisation sur leur rôle),
– création de l’ENA, date, histoire,
– Aristide Briand,
– quatre figures de républicains,
– les jeux vidéos sont-ils un divertissement ?
– liseuses/tablettes : ce qu’elles changent pour la lecture par rapport au papier,
– questions sur Queneau, Perec et l’Oulipo,
– …

  • Espagnol (interne)

Entramos en la casa de las palabras“, Víctor Núñez Jaime, El País, 3 mars 2013. Le texte donné s’arrêtait à “amén”, la partie que j’ai dû traduire est le paragraphe 3.

Traduction : une bonne partie de l’épreuve a consisté dans la reprise de ma traduction. J’ai trouvé ce paragraphe difficile. Il y avait un poème, des métaphores, j’ai dû justifier mes choix et revenir sur mes erreurs. Le jury m’a demandé quelle partie j’avais trouvé la plus dure pour la traduction, je lui ai répondu le plus honnêtement du monde (d’autant plus que j’étais persuadée d’avoir raté l’épreuve).

Questions :
– on m’a demandé de présenter le texte. Même si j’ai eu des difficultés pour la traduction, j’avais gardé quelques minutes pendant la préparation pour réfléchir à une présentation du texte avec deux axes, histoire de ne pas être prise au dépourvu si la question m’était posée.
– les autres questions ont porté sur les littératures espagnole et latino-américaines. Ce sont des littératures que j’aime par-dessus tout, j’espère que j’ai eu l’enthousiasme communicatif !

  • Pour conclure

Ne négligez pas la motivation professionnelle. Ça a été ma grande erreur il y a trois ans. Paniquée que j’étais par l’étendue de mes lacunes en culture générale, j’ai privilégié cette épreuve. Or la motivation ne s’improvise pas : au minimum, lisez quelques ouvrages sur le management et posez-vous la question de votre vision de l’encadrement.
Si vous avez la chance de travailler en bibliothèque, observez vos chefs sans leur dire 😉 et réfléchissez à la façon dont ils prennent chacune de leurs décisions. Soyez attentifs à leur manière de répondre ou pas aux demandes des agents. Feriez-vous pareil ? Si oui/non, pourquoi ? Essayez de faire le lien entre ce que vous voyez sur le terrain et les manuels lus, puis faites-en votre miel afin de pouvoir livrer au jury une vision de l’encadrement qui vous soit personnelle. L’idée est de maîtriser quelques termes de management et d’en glisser dans l’entretien pour montrer qu’on les connaît, sans pour autant livrer un discours formaté.
La question de l’encadrement est essentielle pour les jurys et on ne peut que leur donner raison. Un mauvais management peut avoir des conséquences à ce point désastreuses sur les individus, voire sur les équipes entières, qu’on ne peut traiter ce sujet à la légère.
Enfin, pensez à voir loin : le jury peut très bien poser des questions sur le long terme. A vous de savoir si vous pensez à une carrière très classique (ce lien est une boutade) ou plutôt geek (ce lien est aussi une boutade). Plus sérieusement, demandez-vous si dans dix ans vous auriez envie d’un parcours dans la veine de celui de Christophe Peralès ou de Nicolas Morin, de Bertrand Calenge ou de Manue Bermès. Désolée pour le name dropping, j’essaie juste d’illustrer la variété des profils possibles dans un même corps.

La langue, dont le coefficient a été augmenté, peut rapporter des points et permet de réviser en se faisant plaisir : lire des romans et regarder des séries ou des films n’est pas des plus désagréables. Et ça servira toujours pour l’IFLA !

Pour tordre le cou aux terreurs nocturnes concernant la culture générale, il y a des choses cette année que je n’ai pas sues et je m’en suis sortie avec une note moyenne. Les derniers rapports de jury indiquent que nos capacités d’analyse sont privilégiées et j’ai eu vraiment l’impression que c’était le cas.
Pour la préparation, je crois que le minimum est de lire un quotidien du soir, de parcourir les articles de quelques autres et de jeter des coups d’œil réguliers aux magazines d’actualité. Ajouter Esprit et quelques revues du même genre est une bonne chose.
Il existe des manuels de culture générale qui sont de bonnes bases pour réactiver les vieilles connaissances endormies depuis le lycée. Plusieurs privilégient la forme quizz, qui peut aider quand on n’en peut plus de relire ses fiches. J’avais effectivement fait ou récupéré des fiches sur les sections du programme. Pour gagner du temps, je me suis limitée dans les fiches que je faisais moi-même aux sujets incontournables et j’en ai énormément récupéré, celles de prépa d’une copine, d’autres sur internet, etc.

Pour ce qui est de la presse pro, j’ai passé quelques demi-journées sur la mezzanine de la bibliothèque Buffon. Elle donne sur le jardin des plantes et le wifi ne marchait pas, parfait pour ne pas se distraire ! Et il y a le thé à la menthe de la mosquée toute proche en récompense.

Concernant les écrits, une dernière chose pour les internes, continuez à écrire. Sur un blog, sur du papier vergé, pour parler des aventures de votre chat ou de la cuisine moléculaire, qu’importe, mais continuez à écrire. Si je compare mes dissertations de CAPES et celles des deux années précédentes, la différence est frappante en matière de style et de richesse de vocabulaire, mais aussi dans la façon de structurer le discours. Pour moi, c’est une catastrophe. En catégorie B, les tâches professionnelles conduisent rarement à rédiger et les capacités d’écriture se perdent très vite. Entretenez-les, même par de longues lettres à tata Georgette (en plus elle sera contente).

Que dire d’autre ? Le travail personnel est essentiel pour les concours mais il y a aussi une part de chance sur laquelle on n’a aucune prise. Tout échec est à prendre comme une expérience pour s’améliorer. Quoiqu’il se passe, continuez à les passer. J’ai failli arrêter bien des fois, sans le harcèlement soutien familial et l’appui des collègues je n’aurais peut-être pas persévéré. J’aurais vraiment eu tort.

J’essaierai de faire un billet sur les épreuves écrites à la rentrée. D’ici là, bel été !

6 réactions au sujet de « Oraux de conservateur »

  1. Bonjour,

    Merci pour cette expérience ! Un super retour presque en live !
    Je m’inscris cette année pour le concours externe de conservateur du patrimoine. Afin de réviser de façon optimum, je cherche à trouver les objectifs sur lesquels sont basés épreuves. Auriez-vous des informations à ce sujet.
    Cordialement

  2. Merci à vous !

    Je crains de ne pouvoir vous aider, ayant passé le concours de conservateur des bibliothèques. Vous trouverez sans doute beaucoup d’informations sur le site de l’INP.

    Bon courage !

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