Archives de
Catégorie : Concours

Oraux de bibliothécaire interne, session 2017

Oraux de bibliothécaire interne, session 2017

Ayant été candidate à de nombreux concours et lauréate parfois, j’ai parcouru régulièrement les retours d’écrits et d’oraux de concours aussi je me suis laissée convaincre par Cécile de vous écrire un billet sur mes oraux de bibliothécaire interne (session 2017) – Marion B.


Avant de vous soumettre les références des textes et les questions qui m’ont été posées, je souhaite vous en dire un peu plus côté contexte. On entend beaucoup de choses sur les jurys de concours et avant tout je tiens à mentionner que les deux commissions devant lesquelles je suis passée étaient bienveillantes. J’en parle d’autant plus qu’on a cherché à nous préparer au pire en formation pour l’oral de culture générale et que cela me stressait énormément. Les jours J, j’ai eu devant moi un jury de culture générale qui ne m’a pas ri au nez même si mes connaissances n’étaient pas assez approfondies, quant à l’oral de motivation professionnelle, j’ai vraiment eu l’impression de parler, de façon formelle certes, avec des encadrants de mon métier. Il m’a souvent été précisé que le jury cherchait avant tout à recruter des collègues et je trouve que c’était visiblement le cas sur ces oraux.

Pensez donc aussi à l’image que vous renvoyez, à votre attitude. Le jury veut voir également comment vous vous comporterez dans la vie professionnelle et ici d’autant plus qu’en tant que bibliothécaire vous risquez fortement (de plus en plus à l’avenir) d’être amené·e à manager. A une question que vous ne connaissez pas, vous pouvez bien sûr élargir “je ne saurais pas dire mais par contre du point de vue de…” (sans chercher à noyer le poisson dans l’eau toutefois…) mais si rien ne vient mieux vaut un “je vous avoue que je ne sais pas” poli et posé à une attitude agressive ou démoralisée. Et un conseil : pensez à sourire ! On me l’a répété x fois en oraux blancs, j’ai finalement réussi à le faire le jour J, ce n’est pas ce qui vous fera réussir le concours mais une attitude positive malgré le stress est toujours bienvenue.

Au vu des discussions avec mes collègues de prépa concours pour les épreuves orales, je précise que j’ai vu une nette différence dans le niveau exigé en culture générale en externe et en interne. Quand je vois les questions proposées ici, je me rends compte de la chance que j’ai eue.

Une dernière chose avant d’enfin arriver à la partie que vous attendez : apprenez à gérer le stress, autorisez-vous de la détente, des moments où vous dites stop à la pression. Pour moi une partie non négligeable du concours repose là-dessus, surtout si vous êtes de nature stressée. Vous ne saurez pas tout sur tout, alors privilégiez la méthodologie et gardez vous un espace de vie. Je me suis offert 48h de jeu de rôle grandeur nature (GN) pendant mes révisions et je n’ai pas regretté : j’ai fait le vide dans ma tête, la pression qui annihilait mes capacités de révision est retombée et je pense avoir été bien plus efficace après.

Et voici (enfin) ce que vous attendiez :

Oral de Culture Générale

Texte : Abescat Michel, 2016, « “Rose bobonne” : pour les filles, la littérature jeunesse ne voit la vie qu’en rose », Telerama, 24 décembre 2016.

Thème : Stéréotypes de genre en littérature jeunesse

Mon plan :
I Genre et littérature jeunesse
II Genre et marketing jeunesse

Questions :

  • Y a-t-il un média moins genré que le livre pour la jeunesse ? (attendu : la télé)
  • Pouvez-vous nous parler de la loi sur la parité ?
  • Pouvez-vous nous parler des mouvements de libération de la femme à travers le temps ?
  • Pouvez-vous nous citer des noms de femme en politique ?
  • Et une qui a été “plus que Ministre” ? (attendu : Edith Cresson)
  • C’était quand ?
  • Connaissez-vous des femmes chefs de grandes entreprises ?
  • Que pouvez-vous nous dire sur l’édition jeunesse ?
  • Vous avez parlé des livres en supermarché, entre la librairie indépendante et le supermarché il y autre chose ? (attendu : Fnac, Amazon)
  • Et en terme d’ebooks et de bibliothèques, vous connaissez quelque chose qui favorise les librairies ? (attendu : PNB)
  • Une initiative ministérielle pour justement lutter contre les stéréotypes de genre ? (attendu : les ABC de l’Egalité, s’en est suivi une discussion sur “A poil la maîtresse” et l’affaire “Tango a deux papas”)
  • Vous avez parlé d’héroïnes de jeux vidéo aux mensurations improbables, vous pouvez nous en citer ? Et savez-vous s’il y a des mouvements sur le sujet dans le milieu du jeu vidéo ? (attendu : Lara Croft et ses nouvelles mensurations plus réalistes)
  • N’y a-t-il pas un autre mouvement artistique qui a récemment milité pour la reconnaissance des femmes ? (attendu : l’affaire du festival d’Angoulême où seuls des auteurs hommes étaient nominés)
  • Pouvez-vous nous parler de femmes auteures de BD ?

 

Oral Motivation Professionnelle

Texte : Sève Marie-Madeleine, 2016, « Gestion d’équipe : Faire face à une équipe hostile », Entreprises et Carrières, 6 septembre 2016.

Thème : Stratégies pour faire face à une équipe hostile

Mon plan :
I Les stratégies possibles
II Les limites

Questions :

  • Que faites-vous si un agent de votre équipe est en souffrance au travail ?
  • Vous nous avez parlé du management persuasif, pouvez-vous le définir et nous parler d’autres types de management ?
  • Votre dossier RAEP parle de formation, pouvez-vous distinguer les différents types de formation en bibliothèque ?
  • Vous pouvez nous parler des nouveautés dans l’aménagement des espaces en bibliothèque ? (notamment en lien avec la formation)
  • Pouvez-vous nous parler de la notion de 3ème lieu ?
  • Donc, on met des poufs, une machine à café, et ça y est ? on est un 3ème lieu ?
  • En tant que formatrice, vous devez sûrement être amenée à faire de la veille. Vous vous y prenez comment ?
  • Et comment faites vous pour diffuser cette veille auprès de votre équipe ?
  • Vous nous dites qu’un agent qui est en opposition face à vous peut le rester. C’est le cas, la situation s’est enkystée, vous avez tout essayé parmi les stratégies proposées, il est toujours en conflit avec vous et vous êtes son chef d’équipe, que faites-vous ?
  • Imaginons, vous êtes lauréate du concours, quelle famille de poste vous intéresse ?
  • Pouvez-vous nous parler de Collex ?
  • Vous pouvez nous parler de Gallica ? Et plus exactement des nouveautés de Gallica ?
  • Je cherche des informations sur un architecte du XXème siècle (dont je connais le nom). Comment je m’y prends ?

 

Bon courage à tou·te·s !

Oraux de conservateur

Oraux de conservateur

Nouveau billet sur les concours internes, sous la pression de mes twittos préférés qui se reconnaîtront ! Mais c’est le dernier, ensuite journées d’étude ou pas, actualité brûlante ou pas, je serai en va-can-ces de blog !
J’étais aussi convoquée sur deux jours : mardi après-midi pour la motivation, mercredi dès 8h15 pour l’espagnol, puis 13h15 pour la culture générale.
Je copie/colle, depuis le billet assorti pour les oraux de bibliothécaire interne, mon conseil préalable : les jurys ne sont pas les mêmes d’une année sur l’autre et l’orientation des questions peut changer du tout au tout. Les billets que nous pouvons publier de nos expériences à l’oral ne doivent donc pas trop orienter vos révisions.
  • Oral de motivation (interne)

“Il faut mener une réflexion approfondie sur la mobilité et les carrières”, La Gazette, 25 mars 2013. Dix minutes de commentaire, suivies de vingt minutes de questions.

Commentaire (notes en vrac d’après mes brouillons) :
I – Un statut protecteur mais un manque de reconnaissance
– emploi garanti, statut de la FP (1983),
– satisfaction des agents, dit la ministre
– statut qui offre aussi des garanties aux usagers des services (obligation de neutralité, de discrétion des agents, etc)
– pour les agents par contre, peu de perspectives de carrière hors concours et promotion
– la formation des agents se développe mais n’est pas suffisante pour permettre une véritable évolution des carrières.
– importance de la VAE
– peu de reconnaissance du travail des équipes, selon les agents
II – Mais des réformes à la fois nécessaires et impopulaires
– MAP : suite de la RGPP (définitions)
– certains ministères sont beaucoup plus touchés par la baisse des effectifs. L’ESR est relativement épargné.
– exemple des CAF, de Pôle emploi : traitement des dossiers plus rapide par manque de personnel. Les usagers perçoivent une qualité de service moindre.
– Pourtant des actions parfois importantes : charte de qualité accueil. Ont par exemple obligé à repenser les procédures.
– La question de la mobilité est impopulaire chez les agents, pourtant elle peut apporter un enrichissement à une carrière. Cependant les questions familiales sont à prendre en compte.
– L’allongement du temps de travail par la réforme des retraites : le journaliste demande si c’est une solution pour pallier les suppressions de postes.
– Question de la pénibilité si les agents sont plus âgés et des risques psycho-sociaux
Conclusion : statut protecteur mais le nombre accru de réformes a suscité l’inquiétude des agents. Malaise auquel il convient de répondre en tenant compte des contraintes budgétaires, ce qui n’est pas aisé.

Questions
Contrairement au concours de bibliothécaire où le jury avait lu mon RAEP mais ne m’avait posé que peu de questions sur mon parcours, cette fois j’ai de nombreuses demandes de précisions par rapport à ce que j’avais pu écrire. 
– une réforme en cours dans la FP ? (le texte y faisait allusion)

– comment motiver un agent ? et s’il n’est pas promouvable ?

– la RGPP a-t-elle permis de réduire le nombre de fonctionnaires ?
– des questions sur mon parcours, sur le fait que je n’ai pas enseigné avec un CAPES, sur ma participation au groupe bibliothèques hybrides,
– mon expérience de l’encadrement (je m’occupe des tuteurs à la BU),
– relations bibliothécaires/chercheurs,
– qu’attendez-vous de l’enssib ?
– …

  • Oral de culture générale (interne)
Commentaire : vous êtes des grands, vous avez compris le principe. Non, pas de “tu pourrais recopier ce brouillon aussi” qui tienne !

Questions :
– plusieurs questions sur le texte,
– déconcentration, décentralisation ; rôle des préfets (impact de la décentralisation sur leur rôle),
– création de l’ENA, date, histoire,
– Aristide Briand,
– quatre figures de républicains,
– les jeux vidéos sont-ils un divertissement ?
– liseuses/tablettes : ce qu’elles changent pour la lecture par rapport au papier,
– questions sur Queneau, Perec et l’Oulipo,
– …

  • Espagnol (interne)

Entramos en la casa de las palabras“, Víctor Núñez Jaime, El País, 3 mars 2013. Le texte donné s’arrêtait à “amén”, la partie que j’ai dû traduire est le paragraphe 3.

Traduction : une bonne partie de l’épreuve a consisté dans la reprise de ma traduction. J’ai trouvé ce paragraphe difficile. Il y avait un poème, des métaphores, j’ai dû justifier mes choix et revenir sur mes erreurs. Le jury m’a demandé quelle partie j’avais trouvé la plus dure pour la traduction, je lui ai répondu le plus honnêtement du monde (d’autant plus que j’étais persuadée d’avoir raté l’épreuve).

Questions :
– on m’a demandé de présenter le texte. Même si j’ai eu des difficultés pour la traduction, j’avais gardé quelques minutes pendant la préparation pour réfléchir à une présentation du texte avec deux axes, histoire de ne pas être prise au dépourvu si la question m’était posée.
– les autres questions ont porté sur les littératures espagnole et latino-américaines. Ce sont des littératures que j’aime par-dessus tout, j’espère que j’ai eu l’enthousiasme communicatif !

  • Pour conclure

Ne négligez pas la motivation professionnelle. Ça a été ma grande erreur il y a trois ans. Paniquée que j’étais par l’étendue de mes lacunes en culture générale, j’ai privilégié cette épreuve. Or la motivation ne s’improvise pas : au minimum, lisez quelques ouvrages sur le management et posez-vous la question de votre vision de l’encadrement.
Si vous avez la chance de travailler en bibliothèque, observez vos chefs sans leur dire 😉 et réfléchissez à la façon dont ils prennent chacune de leurs décisions. Soyez attentifs à leur manière de répondre ou pas aux demandes des agents. Feriez-vous pareil ? Si oui/non, pourquoi ? Essayez de faire le lien entre ce que vous voyez sur le terrain et les manuels lus, puis faites-en votre miel afin de pouvoir livrer au jury une vision de l’encadrement qui vous soit personnelle. L’idée est de maîtriser quelques termes de management et d’en glisser dans l’entretien pour montrer qu’on les connaît, sans pour autant livrer un discours formaté.
La question de l’encadrement est essentielle pour les jurys et on ne peut que leur donner raison. Un mauvais management peut avoir des conséquences à ce point désastreuses sur les individus, voire sur les équipes entières, qu’on ne peut traiter ce sujet à la légère.
Enfin, pensez à voir loin : le jury peut très bien poser des questions sur le long terme. A vous de savoir si vous pensez à une carrière très classique (ce lien est une boutade) ou plutôt geek (ce lien est aussi une boutade). Plus sérieusement, demandez-vous si dans dix ans vous auriez envie d’un parcours dans la veine de celui de Christophe Peralès ou de Nicolas Morin, de Bertrand Calenge ou de Manue Bermès. Désolée pour le name dropping, j’essaie juste d’illustrer la variété des profils possibles dans un même corps.

La langue, dont le coefficient a été augmenté, peut rapporter des points et permet de réviser en se faisant plaisir : lire des romans et regarder des séries ou des films n’est pas des plus désagréables. Et ça servira toujours pour l’IFLA !

Pour tordre le cou aux terreurs nocturnes concernant la culture générale, il y a des choses cette année que je n’ai pas sues et je m’en suis sortie avec une note moyenne. Les derniers rapports de jury indiquent que nos capacités d’analyse sont privilégiées et j’ai eu vraiment l’impression que c’était le cas.
Pour la préparation, je crois que le minimum est de lire un quotidien du soir, de parcourir les articles de quelques autres et de jeter des coups d’œil réguliers aux magazines d’actualité. Ajouter Esprit et quelques revues du même genre est une bonne chose.
Il existe des manuels de culture générale qui sont de bonnes bases pour réactiver les vieilles connaissances endormies depuis le lycée. Plusieurs privilégient la forme quizz, qui peut aider quand on n’en peut plus de relire ses fiches. J’avais effectivement fait ou récupéré des fiches sur les sections du programme. Pour gagner du temps, je me suis limitée dans les fiches que je faisais moi-même aux sujets incontournables et j’en ai énormément récupéré, celles de prépa d’une copine, d’autres sur internet, etc.

Pour ce qui est de la presse pro, j’ai passé quelques demi-journées sur la mezzanine de la bibliothèque Buffon. Elle donne sur le jardin des plantes et le wifi ne marchait pas, parfait pour ne pas se distraire ! Et il y a le thé à la menthe de la mosquée toute proche en récompense.

Concernant les écrits, une dernière chose pour les internes, continuez à écrire. Sur un blog, sur du papier vergé, pour parler des aventures de votre chat ou de la cuisine moléculaire, qu’importe, mais continuez à écrire. Si je compare mes dissertations de CAPES et celles des deux années précédentes, la différence est frappante en matière de style et de richesse de vocabulaire, mais aussi dans la façon de structurer le discours. Pour moi, c’est une catastrophe. En catégorie B, les tâches professionnelles conduisent rarement à rédiger et les capacités d’écriture se perdent très vite. Entretenez-les, même par de longues lettres à tata Georgette (en plus elle sera contente).

Que dire d’autre ? Le travail personnel est essentiel pour les concours mais il y a aussi une part de chance sur laquelle on n’a aucune prise. Tout échec est à prendre comme une expérience pour s’améliorer. Quoiqu’il se passe, continuez à les passer. J’ai failli arrêter bien des fois, sans le harcèlement soutien familial et l’appui des collègues je n’aurais peut-être pas persévéré. J’aurais vraiment eu tort.

J’essaierai de faire un billet sur les épreuves écrites à la rentrée. D’ici là, bel été !

Oraux de bibliothécaire

Oraux de bibliothécaire

Le voici donc, ce billet qui m’a été réclamé par billet, tweet et aussi par mail ! Après j’ai le droit d’aller buller, dites ?
J’étais convoquée sur deux jours, mercredi et jeudi matins. Entre les deux, cinéma et séries les plus débiles que je puisse trouver pour ne pas trop gamberger… 
Un conseil préalable : les jurys ne sont pas les mêmes d’une année sur l’autre et l’orientation des questions peut changer du tout au tout. Les billets que nous pouvons publier de nos expériences à l’oral ne doivent donc pas trop orienter vos révisions.

  • Oral de motivation (interne)

“Comment la crise transforme l’entreprise”, Dominique Wolton, Le Monde, 20.11.12. Dix minutes de commentaire, suivies de vingt minutes de questions.

Commentaire (reconstitué d’après mes brouillons, l’article est en édition abonnés, c’est dommage, car le commentaire seul ne vous aidera pas beaucoup sans lui) : après une présentation rapide du thème de l’article et de son auteur, j’ai repris pour la problématique le terme du sous-titre de l’article : dans quelle mesure la communication d’entreprise traditionnelle est-elle devenue “inaudible” ? Plan en 2 parties : la fin d’un modèle ; vers une “communication-négociation”
I – a – définition du modèle traditionnel, fondé sur une “communication-transmission”, qui va du haut vers le bas (exemple d’entreprises très paternalistes au 20e s), journaux d’entreprises plus promotionnels qu’informatifs, réunions d’informations plus que d’échanges.
I – b – Mais la crise et l’évolution de la société remettent ce modèle en cause : les salariés sont très informés (ex. de Petroplus), d’où des inquiétudes légitimes de leur part. Il existe aujourd’hui une porosité entre extérieur et intérieur qui ne permet plus de maintenir les schémas traditionnels. Les dirigeants, comme les enseignants, doivent s’adresser à leurs salariés avec une présomption de compétence (voir Petite poucette de M. Serres). Si les entreprises verrouillent la communication, cela génère forcément des tensions.
Transition : ce modèle est à changer, sans pour autant tomber dans l’utopie des phalanstères qui, eux non plus, ne correspondent plus à l’époque.
II – a – Pour Wolton, il faut penser la communication comme “condition de confiance dans les rapports sociaux”. L’ancien modèle continue à faire des dégâts : les suicides à France Telecom et La Poste sont en partie imputables à une perte de confiance des salariés vis-à-vis de leurs entreprises. Il s’agit de changer de modèle, c’est-à-dire savoir glisser d’un modèle vertical vers plus d’horizontalité (exemples : groupes de travail, informer différemment via des RSE, …).
b – Il faut aussi s’appuyer sur l’intelligence créatrice en utilisant les compétences de chacun et en étant à l’écoute des équipes. Enfin, Wolton préconise de revaloriser les représentants du personnel et les syndicats en restaurant le dialogue.Tout cela dans le respect de la hiérarchie : les décisions doivent être prises à la suite de négociations, en s’appuyant sur les salariés. Elles doivent être transparentes, pour répondre à une exigence forte de la société d’aujourd’hui.

Conclusion : aujourd’hui, il est primordial de restaurer le dialogue dans l’entreprise pour limiter les risques psycho-sociaux. En termes de management, le but est de trouver le plus juste équilibre entre l’écoute des salariés et l’intérêt de l’entreprise.

Parmi les questions dont je me rappelle : les moyens de communication interne pour une bibliothèque ; donner des exemples  de blog ; Bibliobsession (je l’avais cité) est un blog de bibliothèques ou un blog personnel ; un agent est contre le changement, que faire ; à quel moment peut-on évoquer avec les agents leurs motivations et leurs envies pour leurs carrières ; les learning centres ; le projet de SGB mutualisé de l’ABES ; le développement et le financement de l’emploi étudiant, la mobilité après le concours vous pose-t-elle problème ; les qualités d’un encadrant (j’ai parlé de capacité d’écoute et d’orientations claires pour les équipes), et l’autorité ?
A deux des questions posées, je sais que les jurys avaient lu mon RAEP. Ils ne m’ont pas fait parler de mon parcours, sans doute parce qu’ils en avaient déjà connaissance.

  • Oral de culture générale (interne)

“Etat et entreprise : qui crée du bien public ? Pour des partenariats public-privé gagnants”, Vincent Levita, David Martimort, Le Monde, 03.12.12 (ô joie, il y a un PPP dans mon université, je lis tout sur le sujet depuis trois ans). Dix minutes de commentaire, suivies de vingt minutes de questions.

Commentaire (reconstitué d’après mes brouillons, essayez là aussi de mettre la main sur l’article sinon ce ne sera pas très parlant) : en introduction, j’ai précisé d’emblée que le texte prenait fait et cause pour les PPP, avant de les définir. Problématique : dans quelle mesure les PPP contribueraient-ils à créer du bien public.
Plan en 2 parties : un héritage ancien qui n’a cessé de se développer ; mais un modèle remis en cause aujourd’hui.
I – Un héritage ancien, a – depuis Colbert, après les guerres dispendieuses de Louis XIV. Colbert a imaginé ce moyen pour doter la France des infrastructures qui lui faisaient défaut (ex. du canal du Midi). Bémols immédiats de ma part : au 17e s, l’économie reposait beaucoup sur la politique agricole, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Il y a certes eu de grands travaux mais c’est une époque troublée où la pauvreté était très importante.
I – b – Au 20e s, projets d’autoroutes par des sociétés privées avec des péages le temps de rentabiliser les travaux. Exemples d’hôpitaux et d’universités avec PPP. Points positifs : délais de constructions tenus et bâtiments livrés dans les temps.
II – Mais un modèle remis en cause aujourd’hui. a – Les PPP ne sont ni un modèle de privatisation, ni des nationalisations, disait le texte. Pourtant, des tensions s’exerceront forcément entre une entreprise qui cherche à générer du projet et l’Etat qui cherche à faire des économies (ce passage vous dit quelque chose ? c’est normal ! Moralité : continuez vos activités même pendant les préparations aux oraux). Si on reprend l’exemples des autoroutes, elles ne sont toujours pas gratuites aujourd’hui…
II – b – On constate un net ralentissement des PPP depuis le retour de la gauche au pouvoir et une augmentation des appels d’offres (définition d’appel d’offres et différences entre les deux). Les appels d’offres, il faut le souligner, font aussi travailler des entreprises privées.  Le texte évoque le recours aux entreprises locales dans le cadre des PPP mais on constate que ce sont souvent de très grosses entreprises qui les remportent. Il y a certes des raisons électoralistes dans cet infléchissement des recours aux PPP mais on sait désormais aussi qu’ils ne sont pas sans problèmes. Les loyers sont très chers, les réparations et les ajouts de matériels sont facturés lourdement et les établissements ont peu de liberté de manœuvre pour faire évoluer “leur” bâtiment. Les universités et les hôpitaux qui ont eu recours à des PPP récemment ont connu des déboires : locaux inutilisables pour certains. Enfin, les exemples étrangers ne sont pas rassurants, certains hôpitaux anglo-saxons sont en faillite à cause de loyers trop chers.
Conclusion : Les PPP sont sans doute importants lorsque l’Etat peine à emprunter de l’argent pour investir. Pourtant, même si la France a perdu son triple A, ses taux d’emprunt sont encore avantageux. Faut-il alors prendre le risque de ces loyers très élevés qu’imposent les PPP ?

Questions : plusieurs demandes de précisions sur les PPP en fonction de mon commentaire. Plus je répondais, plus on m’en demandait (sur les taux d’intérêt, la gestion des autoroutes, etc.). Quand je n’ai plus su, je l’ai dit et le sujet a changé, ouf…. 
Ensuite les questions ont été très professionnelles, j’ai eu comme Emilie l’impression d’un oral de motivation bis. Alors que j’avais eu un véritable oral de culture générale à conservateur externe (les hussards de la République ? Vautrin ? la crise boulangiste ? le dodécaphonisme ? etc.), cette fois je n’ai eu aucune question qui s’y rapporte un tant soit peu, pas même concernant l’actualité culturelle. Je crois pourtant savoir qu’il y avait des questions de ce type aux oraux il y a deux ans. Voilà quelque chose qui a été un peu déstabilisant mais, consciente que j’étais de ma chance d’être à l’oral, j’aurais répondu à tout, même si m’avait demandé si l’arbre dehors était un arbre de Judée ou un lagerstroemia (rien à voir avec le concours mais, si vous êtes expert en la matière, d’ailleurs, j’ai besoin de vos lumières) !
Lesdites questions se sont centrées sur les conseils de l’université ; les droits et les devoirs du fonctionnaire ; les services aux chercheurs ; les domaines de compétences de l’Union européenne ;  les échanges type Erasmus et les harmonisations LMD dans le cadre européen. Une question portait sur le tribunal administratif, les étapes d’une affaire renvoyée en appel, voire en conseil d’état. 
***

En papotant avec les candidats, nous avons constaté que nous avions souvent les mêmes questions, sans doute pour que le jury puisse véritablement nous comparer.

Une astuce : faire des plans bateau ! En trente minutes de préparation, pas le temps de finasser. Je fais toujours ultra simple mais je veille par contre à bien souligner la problématique et l’annonce du plan en introduction, puis à signaler que je passe à la 2e partie quand j’y arrive. Même chose pour la conclusion. En général, je vois le jury prendre des notes consciencieusement dans ces moments-là : au énième candidat, les jurys sont contents quand ils n’ont pas à se creuser pour savoir où vous en êtes de votre exposé.

C’est un bref aperçu des épreuves qui n’est peut-être pas très parlant. Les oraux sont d’abord une conversation, certes formelle, avec une introduction par le candidat un peu longue, mais une conversation quand même : le jury oriente ses questions en fonction de votre commentaire (donc pas de références pour faire bien que vous ne saurez pas développer ensuite !), puis ses autres demandes en fonctions de vos réponses successives.

Le jury cherche systématiquement à savoir jusqu’où le candidat peut aller : j’ai eu des questions auxquelles je ne savais pas répondre dans tous les oraux que j’ai passés. Il s’agit de voir comment le candidat se débrouille pour ne pas répondre à la question, s’il se déstabilise ou pas. Ce n’est qu’un moyen de vérifier qu’une fois cadre on ne s’effondrera pas devant une demande difficile.

Les jurys des concours de bibliothèques sont parfois impressionnants mais je les ai toujours trouvés bienveillants. Les procès qui leur sont parfois faits me semblent un peu injustes. Si vous avez passé comme moi les oraux du CAPES, vous saurez de quoi je parle en matière de jurys terrifiants !

Que dire de plus ? Qu’il faut garder confiance en soi, tout le temps. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens… Et puis il y a une part de chance dans tous les concours. Si j’avais eu des questions sur les facteurs d’impact des revues scientifiques comme Emilie, j’aurais été bien en peine d’y répondre…

Concours de conservateur, cuvée 2012

Concours de conservateur, cuvée 2012

Où l’on a vendangé composé, pour la première fois en interne, sous la pluie…
Dissertation : “Le livre est devenu en occident un invariant de la culture, sa matrice, et c’est pourquoi l’idée de le perdre suscite chez nous une peur primale” (Michel Melot, “Et comment va la mort du livre?” dans Demain, le livre, 2007) Que vous inspire cette réflexion?
Note de synthèse : la constitution des collections pour une bibliothèque au XXIe siècle.
Doc 1 : Bertrand Calenge, « Le nouveau visage des collections », BBF, 2010, n° 3 (6 p.)
Doc 2 : Valérie Tesnière, “La responsabilité de l’avenir : comment mieux transmettre le patrimoine des XIXe et XXe siècles”, Bibliothèque(s), n° 52, octobre 2010 (3 p.)
Doc 3 : François Rouyer-Gayette, “Le centre national du livre et sa politique de soutien au développement des collections de livres et de revues en bibliothèques”, Bibliothèque(s), n° 52, octobre 2010 (3 p.)
Doc 4 : Françoise Gaudet et Claudine Lieber, Désherber en bibliothèque, manuel pratique de révision des collections, Paris, éditions du Cercle (5 p.)
Doc 5 : communiqué de presse de la région Aquitaine, “La région Aquitaine devient pôle associé de la BnF”, 15 octobre 2010 (2 p.)
Doc 6 : charte documentaire de la BPI, 2010 (8 p.)
Doc 7 : Adrienne Cazenobe, Les collections en devenir, typologie des documents, politique et traitement documentaires, Paris, éditions du Cercle (6 p.)
***
Immédiatement, cette “peur primale” en dissertation m’a fait penser à un navet avec Steven Seagal. Le film existe vraiment mais ma mémoire me jouait des tours, j’accusais à tort l’armoire qu’est Steven Seagal alors qu’il s’agissait du bellâtre Richard Gere et d’Edward Norton. Depuis que je l’ai retrouvé par contre, la musique me reste en tête
En sortant de l’épreuve, j’ai frémi en découvrant le sujet en externe : “La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre”. La littéraire que je suis aurait été bien incapable de traiter un sujet pareil.
Aussi loin que je puisse chercher, le seul souvenir qui me reste des cours de géographie est une séance sur la Côte d’Ivoire au collège, où il était question d’import/export de cacao. La géographie pour mes parents, ça reste des cartes à colorier, pour moi ce sont des tonnes de cacao.
Joseph
Photo : Zigazou76. CC: BY. Flickr.

Et la guerre, alors ? “L’art de la guerre” de Sun Tzu, que je n’ai pas lu bien qu’on me l’ait conseillé précisément pour ce concours… Il y aurait aussi les grandes batailles qui émaillent les rues et les places mais dont je me rappelle trop peu de choses pour qu’elles constituent des arguments dans une dissertation.

Quoi d’autre dans ma pauvre tête pour travailler un thème pareil : la carte du tendre pour gagner la bataille amoureuse ? Hum… Pour ce qui est de la stratégie, j’ai évidemment pensé à Laclos, tacticien de génie littérairement parlant – enlevez une lettre et les Liaisons s’effondrent. Qu’importe, tout cela est hors sujet.
Autant dire que je n’étais pas armée, c’est le cas de le dire, en matière de géopolitique. Quel soulagement d’avoir passé le concours en interne !
***
A l’issue de ces deux journées, une question me taraude encore : était-ce bien un “vrai travail”, ces épreuves ?
Bibliothécaire interne, écrits 2012

Bibliothécaire interne, écrits 2012

J’avais l’intention d’écrire un billet sur le sujet mais les petits jeunes (*) ont été bien plus rapides. Voyez donc chez eux
Qu’ajouter qui n’ait déjà été dit : il faisait très froid, le RER était capricieux, j’ai tenté de me replier dans un endroit tranquille pour ne voir personne avant les épreuves (raté). Arcueil et sa maison des examens sont toujours des endroits tristes à se pendre, devoir y revenir encore n’est pas des plus agréables. J’ai entendu plusieurs candidats de BU dire à la sortie qu’ils étaient contents car ils étaient en pleine “mariannisation” de l’accueil, c’est aussi mon cas. Rien d’autre à dire, c’est un concours de plus de passé, je n’ose plus croire que ça pourrait être le dernier.
(*) Je compte en âge de blog (je ne connais pas les dates d’anniversaire des biblioblogueurs, rassurez-vous) et, en âge de blog, je suis une mémé…
Conservateur externe, note de synthèse

Conservateur externe, note de synthèse

Dossier à examiner : les grands enjeux de la muséologie aujourd’hui : quelles relations entre l’art et son public ? (10 textes, 30 pages)
Si on parvenait à oublier un instant qu’on se trouvait dans la maison des examens , lieu au charme architectural inénarrable, on ne pouvait qu’apprécier la lecture d’un tel dossier qui résumait bien les problématiques à l’ordre du jour dans les musées.
Le premier des textes était un extrait de Malaise dans les musées de Jean Clair, où il compare, non sans humour, les deux Guggenheim (New York et Bilbao) à des « mollusques » aux « coques creuses », où les collections sont absentes et où ne se donne à voir que le geste architectural. Les chiffres de l’incontournable « Pratiques culturelles des Français » sur la fréquentation des musées, de même que ceux du CREDOC, nous étaient donnés, bien sûr. Un article du Monde revenait sur le rôle de la scénographie, qui guide le regard lorsqu’elle est bien conçue mais peut aussi « faire passer l’exposant avant l’exposé ». Deux textes étaient consacrés aux nouveaux modes d’accompagnement du visiteur, visites virtuelles et applications à télécharger. Un texte traitait des écomusées et revenait sur les possibles dérives du tout participatif qui, loin de constituer une appropriation du patrimoine, pouvait parfois se muer en une simple expression de soi. L’avant-dernier texte défendait les nouvelles formes d’architecture des musées en montrant comment les architectes et les scénographes savaient se mettre au service des collections. Enfin, un court article de Libération, incendiaire pour le MAXXI de Rome conçu par Zaha Hadid, clôturait le dossier.
La note de synthèse suscitant généralement moins de débats passionnés que la dissertation, les commentaires sont réouverts.
Conservateur externe, dissertation

Conservateur externe, dissertation

Romantisme et politique.
Si l’an dernier, beaucoup, moi y compris, s’étaient émus d’un sujet qui flirtait avec l’actualité la plus récente, il est patent que le choix du sujet 2011 est un retour aux grands classiques. J’ai la sensation très désagréable en sortant de l’épreuve d’avoir été hors-sujet dans ma deuxième partie mais il n’est pas temps d’y penser, il y a encore des épreuves à venir.
Finalement, passée ma « râlerie » stressée du départ, j’ai bien aimé ce sujet de l’année passée avec cette problématique autour d’un « pays de la diversité vaincue » (Benda) et d’un « vieux pays différencié » (Thibaudet). Tiens, d’ailleurs, si je devais produire des sujets de concours tordus, je demanderais si les bibliothécaires ne sont pas en train de faire leur « trahison des clercs » ;-)
***
Les enjeux du patrimoine
C’était, susurre-t-on sur twitter, le sujet de l’interne. De quoi se régaler à parler de conservation/valorisation et de valorisation/mercantilisme !
***
Cela va peut-être vous surprendre mais j’ai fermé les commentaires sous ce billet. L’an dernier, la discussion avait vite dérivé sur les intitulés de sujets déconnectés du monde professionnel, etc. Je ne crois pas que le débat aura beaucoup changé et j’ai un peu la flemme, je l’avoue, de l’accueillir de nouveau ici.
Les langues au concours externe de conservateur d’état

Les langues au concours externe de conservateur d’état

Visiblement, la modification a échappé à beaucoup de monde (moi la première)…
L’épreuve sera notée sur 20, coefficient 3 : la première partie sur 12, la seconde sur 8.
Dans la première partie de l’épreuve, la version en langues vivantes disparaît complètement tandis que celles de latin ou de grec perdurent. Ceux qui choisiront une langue vivante auront une épreuve orale composée d’une traduction (dictionnaire unilingue autorisé), suivie d’un entretien avec le jury. Version pour les langues anciennes en 3 heures, préparation pour les langues vivantes : 1 heure.
La seconde partie de l’épreuve consiste en une traduction à l’oral (pas de dictionnaire autorisée) dans une langue différente de celle de la première partie, suivie d’un entretien avec le jury. Préparation 30 minutes.
Les langues proposées sont : allemand, anglais, espagnol, italien, portugais ou russe.
Pour connaître toutes les modalités de ces épreuves, voir la page relative au concours sur le site de l’enssib.
Linguistiquement parlant, il m’est avis que nous allons être beaucoup à faire de savants calculs stratégiques…
La bibliothèque comme lieu

La bibliothèque comme lieu

Au moment du concours, je cherchais des sujets de dissertation pour m’entraîner. J’ai repris le thème du congrès de l’ABF :-)

Petit exercice (pas forcément une réussite car que je n’aime pas trop cet exercice qu’est la dissertation), que vous êtes conviés, à amender et corriger…


La bibliothèque comme lieu

Depuis des décennies, la bibliothèque est définie comme espace de conservation des documents avant d’être vue comme un service public. L’origine même du mot en témoigne, -thèque étant le coffret où l’on conserve les livres en grec. C’est ainsi la collection qui est bien souvent mise en avant pour évoquer la bibliothèque. Pourtant, lorsqu’on traite du lieu qu’est la bibliothèque, on doit aussi prendre en compte les publics qui la fréquentent et ceux qui ne peuvent pas venir jusqu’à elle. La bibliothèque, de par ses missions de formation et d’information, ne peut se cantonner à son propre espace mais doit nécessairement aller hors de ses murs. De fait, on peut se demander dans quelle mesure la bibliothèque est-elle, encore de nos jours, définie par sa seule présence physique sur le territoire ? Certes, le lieu qu’est la bibliothèque est toujours au centre de la vie de la cité mais la bibliothèque ne peut plus pour autant s’y limiter. Par conséquent, la bibliothèque du 21e siècle doit être inventive et devenir protéiforme.

***

La bibliothèque a toujours été considérée comme un lieu d’importance mais, de « lieu de mémoire », elle tend à devenir un espace de services.

On a longtemps défini la bibliothèque comme une « collection organisée de documents ». C’est la notion de collection qui était au coeur du métier au 19e siècle et la mission première affichée était de conserver les documents. Dans le lieu qu’est la bibliothèque, la conservation est en effet essentielle : c’est préserver le patrimoine des générations à venir. Pour autant, peu de bibliothèques ont une vocation purement patrimoniale et, aujourd’hui, la mission qui apparaît comme essentielle est celle qui consiste à mettre à disposition des publics cette collection. Plus qu’un lieu de conservation, la bibliothèque est donc un lieu de communication. Ce fort accent mis sur la communication transparaît notamment dans les nombreuses collections désormais en libre accès, y compris dans les établissements de recherche.

La large ouverture des collections des bibliothèques a été payée de succès puisque la dernière enquête du CREDOC (2006) est venue confirmer une augmentation des usagers dans les établissements de lecture publique. Le lieu qu’est la bibliothèque se voit ainsi largement apprécié par le public. Ce sont les usages qui se modifient : nombre de personnes fréquentent la bibliothèque sans y être inscrites. Dans ce cas, c’est bien le lieu qui attire, plus que la possibilité d’emprunter.

La bibliothèque est en effet devenue peu à peu un lieu d’échanges. On vient dans le bâtiment pour rencontrer d’autres usagers, pour travailler à plusieurs. La large fréquentation des établissements par les étudiants démontre que la bibliothèque est appréciée parce qu’elle constitue un espace propice au travail. Pour d’autres, les personnes âgées par exemple, la bibliothèque est également un espace social. Par la multiplication des actions culturelles et de formation (TIC par exemple), la bibliothèque se pose bien comme l’un des centres de la vie de la cité.

La bibliothèque reste aujourd’hui un lieu essentiel dans le maillage territorial, précisément parce qu’elle a su s’adapter aux besoins des usagers en se posant comme lieu de vie.

***

La bibliothèque d’aujourd’hui, toutefois, ne peut se limiter à l’espace physique où se trouve la collection.

La bibliothèque a un rôle essentiel de formation des publics, notamment à destination des publics dits empêchés. De fait, c’est à elle d’aller vers ces publics. Le portage à domicile, pour les personnes âgées et dans les hôpitaux, la desserte des antennes locales en milieu rural sont autant d’actions essentielles qui montrent que le lieu bibliothèque ne suffit plus à assurer un service de qualité.

Par ailleurs, la bibliothèque ne peut plus ignorer les usagers d’Internet, toujours plus nombreux. Si la bibliothèque doit rester un lieu physique, elle doit néanmoins se muer aussi un lieu virtuel. Portails, services en ligne ne sont qu’un début des possibilités offertes par la toile. Face au gigantisme de la masse des informations proposées sur Internet, la bibliothèque peut et doit retrouver une autre de ses missions, celle de la médiation de la connaissance. Ne pas se positionner sur la toile reviendrait à abandonner à de grands groupes commerciaux la maîtrise de la recherche de l’information. A l’heure où l’espace virtuel occupe une place de plus en plus importante dans la vie quotidienne, la bibliothèque se doit alors d’y être présente. Des nouveaux services sont par conséquent à mettre en place. Services de référence virtuels, flux d’information via les fils RSS sont quelques exemples de ce qui peut être faits en direction des internautes.

Le développement d’Internet oblige donc la bibliothèque à repenser l’espace qu’elle occupe dans la société. La bibliothèque de demain devra être à la fois un lieu physique et virtuel.

***

Par conséquent, un nouveau modèle de bibliothèque est à inventer, celui de la bibliothèque hybride.

Pour repenser un nouveau modèle de bibliothèque, les professionnels doivent en premier lieu se mettre à l’écoute des usagers. Les enquêtes des dernières années observaient les pratiques (Pratiques culturelles, CREDOC), collectaient des données (ESGBU) mais ne prenaient pas en compte les avis de ceux pour qui est faite la bibliothèque. Avec de nouveaux types d’outils d’évaluation, comme Libqual, les besoins et les souhaits des usagers sont désormais pris en compte. Par ailleurs, le rapport Isaac sur l’université numérique montre bien qu’il y a urgence à se doter d’outils performants, comme les ENT, pour satisfaire les usagers à tout moment et en tout lieu.

Satisfaire les usagers, c’est aussi envisager de devenir, plus qu’un lieu d’échanges, un lieu de partage. La possibilité d’emprunter un bibliothécaire, virtuellement ou physiquement, est un nouveau type de services qui montre que l’apprentissage de la recherche d’information doit être partagé. De même, laisser les usagers commenter et tagguer les OPAC découle d’une démarche d’ouverture et de partage. Penser la bibliothèque hybride à l’heure des réseaux, c’est accepter d’abandonner une partie de son autorité de professionnel pour aller vers un échange renforcé avec l’usager.

De fait, le bibliothécaire ne sera plus le gardien d’un lieu clos, soigneusement soustrait à la vue du public. Le bibliothécaire hybride au contraire sera l’hôte d’un espace ouvert, à la fois physique et virtuel, c’est-à-dire un véritable animateur de communautés. Médiateur de la connaissance, veilleur et garant d’un maillage étroit entre les différents usagers, le bibliothécaire de demain est appelé à sortir de ses murs. Si la bibliothèque reste représentée par un lieu, son personnel, lui, n’y sera plus attaché. En témoigne le travail des Geemiks de Lille qui s’attachent à créer des événements pour souder la communauté, à tisser des liens avec les usagers pour leur offrir une médiation de l’information, personnalisée et plus ciblée. Cela passe par le réseau et dans des lieux divers, peut-être moins dans le lieu physique qu’est la bibliothèque.

La bibliothèque de demain sera finalement protéiforme, elle s’invitera dans de multiples espaces et offrira des services à la carte aux usagers.

***

Ainsi, si la bibliothèque a longtemps été considérée comme un lieu du savoir, un temple de la connaissance, nimbé dans une dimension presque religieuse, elle tend à devenir aujourd’hui un lieu ouvert au plus grand nombre. Toutefois, cette ouverture ne suffit plus et les professionnels se doivent d’aller en d’autres lieux, avec de nouveaux services. La bibliothèque de demain n’est par conséquent plus un lieu, c’est un espace à multiples facettes, physiques ou numériques.

Pour résumer :
La bibliothèque du 19e siècle était celle de la collection.
Celle du 20e a été celle du public.
La bibliothèque du 21e sera celle du lien : hypertexte + entre les usagers.

Oral de conservateur d’état, externe

Oral de conservateur d’état, externe

Dans la série Concours qui a lieu sur ce blog depuis juillet, voici le compte-rendu de Monavalotte, qui vient de réussir conservateur :-)

Ayant passé « pour voir »[1] les écrits du concours de conservateur d’État des bibliothèques en avril dernier, il s’est trouvé que finalement le sujet de dissertation m’avait plutôt inspirée[2], et que la note de synthèse[3] avait assez bien marché. Je me suis donc retrouvée admissible le 18 juin, passablement stressée car bien évidemment je n’avais pas ouvert un cahier depuis les écrits, et ne savais même pas précisément en quoi consistaient les épreuves.

Ce billet a pour but non pas de décrire comment je me suis préparée, en un temps très court, aux épreuves orales de ce concours, mais de donner un aperçu du contenu de ces exercices, dans la mesure où les annales et rapports de jury sont assez rares et peu prolixes[4], du fait de la relative nouveauté de la réforme[5].

J’utilise comme trame de ce billet la trace écrite « à chaud » au sortir des épreuves, qui m’avait été demandée par les collègues qui m’ont aidée à préparer les oraux et à gérer mon stress, ce dont je les remercie vivement. C’est ce compte-rendu que Liberlibri a eu entre les mains et qu’elle m’a proposé de publier ici.

J’étais convoquée sur deux jours à la maison des examens à Arcueil, lieu où s’étaient déroulés les écrits, et plutôt en fin de journée à chaque fois (avec des retards et donc de l’attente à gérer). J’ai passé la culture générale en fin d’après midi le premier jour, puis l’épreuve de langue en fin de matinée le lendemain et enfin la motivation professionnelle le soir.


1) EPREUVE DE CULTURE GENERALE

a) Petit rappel des textes qui définissent l’épreuve :

« Conversation avec le jury sur une question de culture générale débutant par le commentaire d’un texte tiré au sort au début de l’épreuve et portant sur le programme – (préparation : 30 min., durée de l’épreuve : 30 min., dont commentaire : 10 minutes maximum, entretien avec le jury : 20 minutes minimum ; coef.5″

b) Mon expérience de l’exercice :

  • Le sujet :

J’ai tiré un texte de 1840 du Dr RL Villermé , « Tableau des conditions de vie des ouvriers des manufactures de coton, laine, soie »[6]. Le texte traitait des mutations économiques liées à la mécanisation de l’industrie au XIXème siècle et e ses conséquences.

  • Le jury :

Il était composé de 4 personnes, une femme et trois hommes, en majorité des conservateurs affectés dans de gros SCD dans toute la France, et une personne en poste au ministère.

  • Questions posées par le jury (dans cet ordre là d’après mes souvenirs) :

– Pensez vous que la situation économique décrite ici et dont vous avez dit en conclusion qu’elle portait en germe l’économie capitaliste appelée à se généraliser a beaucoup évolué ? Dans quelles mesures? Comment décririez-vous l’économie aujourd’hui ? Est-il bon de réguler l’économie, les prix ? etc.

– La littérature, la peinture ont abondamment traité de la mécanisation, pouvez-vous nous dire comment cela a été traité en musique ?

– Parlez-nous du prix unique du livre. Qu’en pensez-vous ? Est-ce une bonne chose ? Quel(s) autre(s) produit(s) bénéficient également d’un prix fixe ? Que pouvez-vous nous dire des interactions / impacts possibles entre Internet et le prix unique du livre ?

– Vous avez parlé de rapports et de projets impulsés par le ministère à propos des questions liées à Internet et au téléchargement, citez-nous certains de ces rapports, pouvez-vous développer ?

– Parlez nous du surréalisme.

– Si je vous dit « provocation », comment l’analysez vous par rapport au surréalisme ?

– Et Marcel Duchamp ?

– Aragon a débuté par une période surréaliste, comment a-t-il évolué ensuite ? Citez-nous des titres de romans de cet auteur.

– Pouvez-vous nous parler de la mondialisation ?

– Quelles instances de régulation à plus grande échelle peuvent chapeauter l’économie ?

– Qu’est ce que l’espace de Schengen ?

– Balzac et Marx ont eux aussi parlé, commenté, vécu à l’époque à laquelle se rapporte le texte, que pouvez-vous nous dire de ces deux personnages ? Présentez-les nous.

– Où se localisait en France l’industrie textile à cette époque ? Y en avait-il à Paris ? Pourquoi le texte est-il daté et suivi de la mention « Paris » ?

– Qu’est ce que le Conseil d’État ? Quel est son rôle ? Concrètement dans le cadre de ce concours, en quoi peut-il vous être utile ?

– Si l’on décidait de supprimer le statut des fonctionnaires, quelles conséquences cela aurait-il selon vous ? De quand date le statut des fonctionnaires ? Dans la mesure où il date de 1946 (plus précisément de 1944 mais refondu en 1946 pour des raisons idéologiques), comment expliquez-vous que l’on ait pu s’en passer si longtemps ?

– En quoi peut consister la modernisation de l’État ? Donnez-nous des exemples concrets.

– Si je vous dit « familistère », qu’est ce que cela vous évoque ? Vous parlez des utopies socialistes du 19e siècle, est ce que cela est resté seulement une utopie ? A qui pensez vous en répondant par la négative, quelles réalisations pouvez-vous citer et à quelle époque ?

2) EPREUVE DE LANGUE

a) Petit rappel des textes qui définissent l’épreuve :

« L’épreuve se déroule en deux parties.

La première partie[7] consiste en la traduction écrite en français d’un texte en langue vivante étrangère (allemand, anglais, arabe moderne, chinois, espagnol, italien, japonais, portugais, russe) ou d’un texte en langue ancienne (latin ou grec), au choix du candidat exprimé lors de l’inscription au concours. L’usage d’un dictionnaire bilingue est autorisé pour les langues anciennes ; l’utilisation d’un dictionnaire unilingue est autorisé pour les langues modernes ; chaque candidat ne peut être muni que d’un seul dictionnaire. Cette première partie se déroule par anticipation à l’occasion des épreuves écrites d’admissibilité, mais les points sont pris en compte pour l’admission dans le cadre de la présente épreuve de langue. Elle a une durée de 2 heures.

La deuxième partie[8] consiste en la traduction orale en français d’un texte court en langue vivante étrangère (allemand, anglais, espagnol, italien, portugais), au choix du candidat exprimé lors de l’inscription au concours, suivie d’un entretien avec le jury dans la langue choisie. Cette langue doit être différente de celle qui a été choisie pour la première partie de l’épreuve. L’utilisation d’un dictionnaire unilingue est autorisé pour la préparation ; chaque candidat ne peut être muni que d’un seul dictionnaire. Cette deuxième partie a une durée de 30 minutes, dont traduction : 10 minutes maximum, conversation avec le jury : 20 minutes minimum ; la durée de la préparation est de 30 minutes.

L’épreuve est affectée du coefficient 2, chaque partie étant notée de 0 à 10. »

b) Mon expérience de l’exercice :

Pour ma part, j’avais choisi de passer l’espagnol à l’oral.

  • Le sujet :

J’ai tiré un texte présentant le plan « lecture »[9] du ministère de l’éducation nationale argentin, signé Margarita Eggers Lan, la coordinatrice nationale du plan.

  • Le jury :

Il se composait de deux femmes, une enseignante et un conservateur des bibliothèques.

  • L’ épreuve :

Avant tout il m’a été demandé de lire un assez long[10] passage du texte.

Puis, il m’a fallu traduire le passage à préparer (pas de vocabulaire très difficile mais un extrait assez long Paragraphes 6, 7, 8 par rapport au temps de préparation dont on dispose, et une ou deux tournures plus délicates à traduire)

À l’issue de ce premier exercice, j’ai eu à répondre à une première série de questions visant à reprendre / améliorer la traduction.

On m’a ensuite demandé de réagir librement par rapport au texte, puis des questions que l’on peut regrouper en ensembles thématiques m’ont été posées pour élargir la discussion.

L’entretien a d’abord porté sur le texte, ce que j’en pensais (autour d’une mesure particulière du plan, présentée dans le texte, à savoir l’intérêt de rendre la lecture à haute voix par les enseignants obligatoire à l’école tous les jours, dans le but de réduire les inégalités culturelles, sachant que c’est le parti-pris du gouvernement argentin et que des auteurs et pédagogues étaient cités, dont Daniel Pennac)Comme un roman .

Des questions m’ont également été posées sur l’enseignement de la littérature à l’école, sur le fait que lire participe aussi de l’apprentissage de la langue.

J’ai ensuite dû parler de mon expérience, si j’en avais une, de l’enseignement, notamment en école primaire. Cela a abouti à des échanges autour du rôle des bibliothèques (j’avais parlé de mon intervention dans les classes en vue de préparer la venue d’un auteur jeunesse, en tant que bénévole dans une petite BM dépendant de la BDP), sur les réactions et impacts suscités par cette intervention en classe, sur mon expérience de bénévole, sur l’articulation de la BM avec le bibliobus, sur le maillage des bibliothèques dans les petites communes rurales et sur la nécessité / ou pas que chaque commune ait sa bibliothèque.

Enfin, nous avons parlé du rôle de la numérisation, des bibliothèques virtuelles, de leurs avantages / inconvénients en milieu rural, de l’intérêt que peut présenter ce support pour les enfants et adolescents (attractif / dangereux etc.), des autres médias / supports qui se développent parallèlement aux livres et des conséquences que cela a dans l’apprentissage de la lecture et du fait d’être lecteur (etc.)…

3) EPREUVE DE MOTIVATION PROFESSIONNELLE

a) Petit rappel des textes qui définissent l’épreuve :

« Entretien avec le jury sur la motivation professionnelle débutant par le commentaire d’un texte tiré au sort au début de l’épreuve et relatif à une situation professionnelle, hors contexte des bibliothèques (préparation : 30 min., durée de l’épreuve : 30 min. dont commentaire : 10 minutes maximum, entretien avec le jury : 20 minutes minimum ; coef. 4) »

b) Mon expérience de l’exercice :

  • Le sujet :

J’ai été interrogée sur un texte tiré de Travail et changement n°319, de mai-juin 2008, traitant de la mise en place du SAS (système d’adaptation spécifique) au sein de la municipalité d’Angers, en vue de répondre au problème des agents ne pouvant effectuer le même travail sur toute la durée de leur carrière, notamment dans le milieu de l’action sociale.

  • Le jury :

Le jury comportait 4 personnes, une femme et trois hommes dont un du ministère de la culture, les autres étant conservateurs dans des SCD de grandes villes françaises. Pour cette épreuve, les jurés étaient moins directifs et laissaient plus de « cartes à jouer » au candidat, (par rapport à l’épreuve de culture générale). À lui d’en profiter et de se mettre en valeur…. Le directeur du jury était le vice-président du concours.

Petit détail pratique : j’ai changé de jury à la dernière minute car malgré un signalement effectué le matin même par le juré en question, les appariteurs s’étaient trompés et devaient me faire passer dans le jury où officiait quelqu’un avec qui je suis ammenée à travailler actuellement pour la bibliothèque. Il ne faut donc pas hésiter à signaler ce genre de petits soucis aux appariteurs avant d’entrer dans la salle lorsque l’on prend connaissance des noms des jurés sur la porte avant d’entrer (quand on en a le temps).

  • L’épreuve :

Les premières questions ont porté autour du texte et des parallèles / transpositions que l’on peut établir avec les bibliothèques :

– Peut-on avoir ce type de problème en bibliothèque ? Que peut-on alors envisager ? Et si les magasiniers que vous prenez en exemple ont trop de soucis de santé pour suivre ces préconisations, que peut-on faire ?

Ensuite l’entretien a tourné autour de mon expérience professionnelle, de ma scolarité,, de mes motivations dans leurs moindres détails, avec des questions du type :

– Parlez nous de votre parcours professionnel : où êtes vous en poste ? Qu’avez vous fait avant ? De quoi êtes vous chargée actuellement ?

– Série de questions autour de cette problématique et de ce que cela changerait si j’étais conservateur, questions sur mon expérience en général et mon expérience d’encadrement en particulier à la Sorbonne, sur mon sentiment d’être prête ou non à l’assumer etc.

– Comment en êtes vous venue à vouloir faire ce métier ?

– Pourquoi passez-vous ce concours ? Pourquoi la filière État ? Avez-vous passé le concours en territoriale ? Pourquoi ? – Quel serait votre profil de poste idéal? En avez-vous une idée folle ou irréalisable mais très précise dans l’hypothèse où tout est possible, ou plus vague ? Pourquoi ?

– Quel est votre parcours scolaire ? Pourquoi avez-vous suivi cette voie ? (et pour chaque étape : Où? Quel établissement ? En quelle année ? : le jury fouille vraiment le parcours scolaire et professionnel dans ses moindres détails, même pour les externes)

– Avez-vous passé des concours ? Pourquoi ? Pourquoi vous êtes-vous intéressée aux bibliothèques alors que vous n’étiez qu’en licence ? Pourquoi ne pas avoir continué en master ?

– Quelle question me poseriez-vous si j’étais à votre place et vous dans le jury ? Une question très précise ? Répondez à cette question que vous auriez-vous même posée.

Enfin j’ai eu à réagir face à un cas pratique : vous êtes juste nommée dans une toute petite BUFR, en poste depuis le matin même, on vous a donné en cadeau de bienvenue la permanence de 19h le soir, vous êtes avec un BAS et un magasinier. L’alarme incendie se déclenche à 18h30, que faites-vous ? (exposé suivi d’une série de questions à partir de ma réponse)

À l’issue de l’entretien, il restait peu de temps, j’ai eu droit à une dernière question : il vous reste 45 secondes, convainquez-nous que vous devez être reçue à ce concours dans ce temps donné.

4) Quelques remarques plus globales sur le déroulement des épreuves :

D’une façon générale, sur le plan matériel et de l’organisation (ça compte aussi, y compris dans la préparation, pour savoir à quoi s’attendre, bien que chaque session ait ses caractéristiques et lieux propres) :

Globalement les appariteurs étaient très prévenants et attentionnés (par rapport à d’autres expériences, pour BAS notamment)

Par contre, j’ai attendu entre 1h et 2h15 avant chaque épreuve, et je suis toujours passée dernière devant les jurys en toute fin de journée ou avant la pause déjeuner. Donc beaucoup de temps morts à gérer et pas vraiment de choix des textes dans le tirage au sort. De là à penser que les jurés ont fait en sorte de n’entendre qu’un seul candidat par texte… ?

Les locaux étaient plus agréables que pour les écrits, pas trop chauds, assez de toilettes et fontaines d’eau fraîche à disposition. En revanche, il n’y avait qu’une seule salle d’attente un peu trop petite à certaines heures. L’accès aux bâtiments était réglementé par le badge des appariteurs, qui venaient chercher les candidats toutes les heures seulement (problème d’abri pour la pause déjeuner par exemple, étant donné la configuration d’Arcueil. Ceci dit, c’était pareil à l’écrit sauf qu’il faisait nettement moins bon dehors et qu’il y avait bien trop de monde pour la petite cafétéria du site, il suffisait donc d’être prévoyant….).


[1] C’est-à-dire sans suivre aucune préparation, que ce soit Médiadix ou le CNED, ni en travaillant spécifiquement les épreuves, mais simplement en lisant assez régulièrement la presse professionnelle et en faisant un peu de veille sur le net

[2] Composition de culture générale sur un sujet élaboré à partir des questions du programme permettant d’apprécier l’aptitude du candidat à analyser une question donnée et à exposer de façon claire et ordonnée une problématique – 5h ; coef. 3. Le sujet était : « Réalités et réalisme dans l’art du XXème siècle »

[3] Note de synthèse établie à partir d’un dossier comportant des documents en langue française – 4h ; coef. 3. Sujet sur l’enseignement des sciences et notamment l’intérêt de l’épistémologie

[4] Des exemples de textes donnés aux candidats ne sont jamais proposés dans leur intégralité notamment

[5] Arrêté du 5 octobre 2007 fixant les modalités d’organisation du concours externe et interne de recrutement des conservateurs stagiaires, élèves de l’ENSSIB. Il s’agissait seulement de la deuxième édition de ce concours dans sa nouvelle version.

[6] Texte téléchargeable sur http://classiques.uqac.ca/classiques/villerme_louis_rene/villerme_louis_rene.html. Aller au chapitre 10 de la deuxième partie, « Influence des machines modernes et de l’organisation actuelle de l’industrie sur le sort des ouvriers ». Il s’agit des3 premiers paragraphes.

[7] Qui se déroule en fait en même temps que les écrits

[8] Celle qui nous intéresse ici

[9] Pour en savoir plus sur le plan « Lectura » du Ministère de l’éducation Argentin, http://planlectura.educ.ar/acerca_de/

Le texte que j’ai eu à commenter est accessible à l’adresse http://www.oei.es/metas2021/expertos08.htm

[10] Du début du texte jusqu’au début du passage à traduire.