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Oraux de bibliothécaire interne, session 2017

Oraux de bibliothécaire interne, session 2017

Ayant été candidate à de nombreux concours et lauréate parfois, j’ai parcouru régulièrement les retours d’écrits et d’oraux de concours aussi je me suis laissée convaincre par Cécile de vous écrire un billet sur mes oraux de bibliothécaire interne (session 2017) – Marion B.


Avant de vous soumettre les références des textes et les questions qui m’ont été posées, je souhaite vous en dire un peu plus côté contexte. On entend beaucoup de choses sur les jurys de concours et avant tout je tiens à mentionner que les deux commissions devant lesquelles je suis passée étaient bienveillantes. J’en parle d’autant plus qu’on a cherché à nous préparer au pire en formation pour l’oral de culture générale et que cela me stressait énormément. Les jours J, j’ai eu devant moi un jury de culture générale qui ne m’a pas ri au nez même si mes connaissances n’étaient pas assez approfondies, quant à l’oral de motivation professionnelle, j’ai vraiment eu l’impression de parler, de façon formelle certes, avec des encadrants de mon métier. Il m’a souvent été précisé que le jury cherchait avant tout à recruter des collègues et je trouve que c’était visiblement le cas sur ces oraux.

Pensez donc aussi à l’image que vous renvoyez, à votre attitude. Le jury veut voir également comment vous vous comporterez dans la vie professionnelle et ici d’autant plus qu’en tant que bibliothécaire vous risquez fortement (de plus en plus à l’avenir) d’être amené·e à manager. A une question que vous ne connaissez pas, vous pouvez bien sûr élargir “je ne saurais pas dire mais par contre du point de vue de…” (sans chercher à noyer le poisson dans l’eau toutefois…) mais si rien ne vient mieux vaut un “je vous avoue que je ne sais pas” poli et posé à une attitude agressive ou démoralisée. Et un conseil : pensez à sourire ! On me l’a répété x fois en oraux blancs, j’ai finalement réussi à le faire le jour J, ce n’est pas ce qui vous fera réussir le concours mais une attitude positive malgré le stress est toujours bienvenue.

Au vu des discussions avec mes collègues de prépa concours pour les épreuves orales, je précise que j’ai vu une nette différence dans le niveau exigé en culture générale en externe et en interne. Quand je vois les questions proposées ici, je me rends compte de la chance que j’ai eue.

Une dernière chose avant d’enfin arriver à la partie que vous attendez : apprenez à gérer le stress, autorisez-vous de la détente, des moments où vous dites stop à la pression. Pour moi une partie non négligeable du concours repose là-dessus, surtout si vous êtes de nature stressée. Vous ne saurez pas tout sur tout, alors privilégiez la méthodologie et gardez vous un espace de vie. Je me suis offert 48h de jeu de rôle grandeur nature (GN) pendant mes révisions et je n’ai pas regretté : j’ai fait le vide dans ma tête, la pression qui annihilait mes capacités de révision est retombée et je pense avoir été bien plus efficace après.

Et voici (enfin) ce que vous attendiez :

Oral de Culture Générale

Texte : Abescat Michel, 2016, « “Rose bobonne” : pour les filles, la littérature jeunesse ne voit la vie qu’en rose », Telerama, 24 décembre 2016.

Thème : Stéréotypes de genre en littérature jeunesse

Mon plan :
I Genre et littérature jeunesse
II Genre et marketing jeunesse

Questions :

  • Y a-t-il un média moins genré que le livre pour la jeunesse ? (attendu : la télé)
  • Pouvez-vous nous parler de la loi sur la parité ?
  • Pouvez-vous nous parler des mouvements de libération de la femme à travers le temps ?
  • Pouvez-vous nous citer des noms de femme en politique ?
  • Et une qui a été “plus que Ministre” ? (attendu : Edith Cresson)
  • C’était quand ?
  • Connaissez-vous des femmes chefs de grandes entreprises ?
  • Que pouvez-vous nous dire sur l’édition jeunesse ?
  • Vous avez parlé des livres en supermarché, entre la librairie indépendante et le supermarché il y autre chose ? (attendu : Fnac, Amazon)
  • Et en terme d’ebooks et de bibliothèques, vous connaissez quelque chose qui favorise les librairies ? (attendu : PNB)
  • Une initiative ministérielle pour justement lutter contre les stéréotypes de genre ? (attendu : les ABC de l’Egalité, s’en est suivi une discussion sur “A poil la maîtresse” et l’affaire “Tango a deux papas”)
  • Vous avez parlé d’héroïnes de jeux vidéo aux mensurations improbables, vous pouvez nous en citer ? Et savez-vous s’il y a des mouvements sur le sujet dans le milieu du jeu vidéo ? (attendu : Lara Croft et ses nouvelles mensurations plus réalistes)
  • N’y a-t-il pas un autre mouvement artistique qui a récemment milité pour la reconnaissance des femmes ? (attendu : l’affaire du festival d’Angoulême où seuls des auteurs hommes étaient nominés)
  • Pouvez-vous nous parler de femmes auteures de BD ?

 

Oral Motivation Professionnelle

Texte : Sève Marie-Madeleine, 2016, « Gestion d’équipe : Faire face à une équipe hostile », Entreprises et Carrières, 6 septembre 2016.

Thème : Stratégies pour faire face à une équipe hostile

Mon plan :
I Les stratégies possibles
II Les limites

Questions :

  • Que faites-vous si un agent de votre équipe est en souffrance au travail ?
  • Vous nous avez parlé du management persuasif, pouvez-vous le définir et nous parler d’autres types de management ?
  • Votre dossier RAEP parle de formation, pouvez-vous distinguer les différents types de formation en bibliothèque ?
  • Vous pouvez nous parler des nouveautés dans l’aménagement des espaces en bibliothèque ? (notamment en lien avec la formation)
  • Pouvez-vous nous parler de la notion de 3ème lieu ?
  • Donc, on met des poufs, une machine à café, et ça y est ? on est un 3ème lieu ?
  • En tant que formatrice, vous devez sûrement être amenée à faire de la veille. Vous vous y prenez comment ?
  • Et comment faites vous pour diffuser cette veille auprès de votre équipe ?
  • Vous nous dites qu’un agent qui est en opposition face à vous peut le rester. C’est le cas, la situation s’est enkystée, vous avez tout essayé parmi les stratégies proposées, il est toujours en conflit avec vous et vous êtes son chef d’équipe, que faites-vous ?
  • Imaginons, vous êtes lauréate du concours, quelle famille de poste vous intéresse ?
  • Pouvez-vous nous parler de Collex ?
  • Vous pouvez nous parler de Gallica ? Et plus exactement des nouveautés de Gallica ?
  • Je cherche des informations sur un architecte du XXème siècle (dont je connais le nom). Comment je m’y prends ?

 

Bon courage à tou·te·s !

“Profession bibliothécaire”

“Profession bibliothécaire”

J’achève la lecture du court ouvrage de Guylaine Beaudry, Profession bibliothécaire, paru aux Presses universitaires de Montréal. Il décrit une approche du métier dont, me semble-t-il, nous devrions nous inspirer  plus souvent. 
La bibliothéconomie est d’emblée remise à sa place, c’est une pratique, en aucun cas une science. Elle est rattachée aux sciences de l’information dont elle s’inspire pour améliorer ses services. Après avoir décrit le champ des sciences de l’information, Guylaine Beaudry aborde la question du numérique dont, écrit-elle, nous ne “sommes qu’à l’âge de pierre. Jusqu’à maintenant, nous n’avons réalisé qu’une simple translation de l’imprimé au numérique. Tout est encore à faire.”
Dans le chapitre “Les bibliothèques : lieux de liberté”, la bibliothèque est décrite comme “lieu d’accumulation de livres”, mais surtout comme un endroit de “mise en relation” des textes entre eux : “l’accumulation de livres est génératrice de sens et, selon la jolie formule de Christian Jacob, elle fait reculer les frontières du temps et de l’espace”. La bibliothèque est aussi considérée comme “un moyen d’externalisation de la mémoire” puisque les besoins de mémorisation se sont atténués depuis l’invention de l’écriture (et non pas de l’internet, ajouterais-je pour répondre aux esprits chagrin !). J’aime beaucoup le passage qui suit qui me semble constituer une définition aussi jolie que juste de la bibliothèque d’aujourd’hui, tant physique que numérique :

« Pour reprendre la belle expression de Robert Damien, développée par Michel Melot, la bibliothèque est le “lieu des liens”. Lire, c’est entrer en dialogue avec soi-même ainsi qu’avec les auteurs, morts ou vivants. C’est entrer en communication avec l’humanité dans ce qu’elle a produit de culture, de sciences et de connaissances. »

Guylaine Beaudry lie étroitement les missions des bibliothèques et la notion de bien commun. Voici la définition qu’elle donne de cette notion :

« Parce qu’elles sont centrales à la mission des bibliothèques, arrêtons-nous un instant sur les notions de service public et de bien commun.Le bien commun n’est pas une collection de biens individuels. Il n’est pas non plus à possession et à usage exclusifs. Il relève de l’intérêt général et exprime la solidarité qui se manifeste dans une collectivité. Au-delà des besoins de base qui consistent à se nourrir, à se loger, à se soigner et à s’éduquer — et auxquels le bien commun participe —, les dimensions de l’accès à la culture, aux connaissances et à l’information y sont aussi intégrées pour permettre le développement et l’épanouissement des personnes. La consommation d’un bien commun par une personne ne diminue en rien sa valeur aux yeux des autres. En outre, le bien commun est accessible gratuitement et personne ne peut en être exclu. Il vise le bien-être du groupe par opposition aux intérêts d’un individu ou d’un groupe en particulier. »

Et de conclure que les bibliothèques “participent à la constitution et au partage d’un bien commun  En elles-mêmes, elles sont un bien public.” Vous êtes convaincus ? Cliquez ici 😉

Du côté des BU, ce que j’ai lu m’a fait tout simplement rêver :

« Une autre caractéristique distingue ces dernières, cette fois-ci par le statut des bibliothécaires, particulièrement dans les milieux anglophones, où ils sont considérés comme faisant parti du corps professoral. Cela implique pour ces bibliothécaires de mener des activités de recherche dans leur domaine. Les bibliothécaires des milieux de l’éducation travaillent souvent à l’extérieur des murs de la bibliothèque, soit par leurs enseignements en salle de classe, soit par leur présence dans les laboratoires de recherche. »

C’est très curieux comme à la lecture d’un tel paragraphe, vous pensez instamment mise en disponibilité, visa de travail, billets d’avion, etc. quand votre quotidien est si singulièrement différent de ce que vous voyez décrit ici….

En continuant la lecture, on apprend que le Québec protège depuis 1979 son réseau de librairies par une loi sur le développement des entreprises québécoises sur le domaine du livre. Celle-ci oblige les bibliothécaires à faire leurs acquisitions dans les librairies de la région. Là encore, doux rêve de l’acquéreur qui a souvent envie d’aller échanger avec la librairie spécialisée de sa ville, mais qui ne le fait pas sachant qu’on ne lui achètera rien (pour les non-bibliothécaires, en France les achats sont régis par des marchés publics, très souvent remportés par des grandes centrales de vente).

Décrivant les nombreuses facettes du métier, l’auteur estime qu’il est nécessaire au bibliothécaire de posséder des “notions de sociologie et de psychologie […] pour comprendre la nature et les besoins des usagers.” Là encore, il m’a semblé que nous en étions très loin.

Enfin, “le bibliothécaire, lit-on, doit être féru de technologies, devenir un utilisateur habile des outils informatiques et un expert des formats d’encodage des publications numériques”.

“Être bibliothécaire, conclut Guylaine Beaudry, c’est servir l’intérêt du public et du bien commun, et favoriser l’intérêt de la collectivité.” J’ajouterai impertinemment, être bibliothécaire, ce n’est pas s’abriter derrière le catalogage !

En revanche, ce qui me préoccupe chez Internet Archive, comme d’ailleurs Google Books, c’est l’indigence des métadonnées, très mal ou pas du tout renseignées, qui rendent impossible la recherche par date de publication, notamment (sans parler des éditeurs) et aléatoire celle par titre ou par auteur. On voit là ce qu’on perd quand on n’a pas de bibliothécaire (alors même que nous avions longtemps critiqué les défauts de Gallica…) !

GRANDI, Elisa,  RUIZ, Émilien, «Ce que le numérique fait à l’historien.ne.  Entretien avec Claire Lemercier», Diacronie. Studi di Storia Contemporanea: Digital History: la storia nell’era dell’accesso, 29/6/2012, URL:< http://www.studistorici.com/2012/06/29/grandi_numero_10/ >
Bibliothécaire interne, écrits 2012

Bibliothécaire interne, écrits 2012

J’avais l’intention d’écrire un billet sur le sujet mais les petits jeunes (*) ont été bien plus rapides. Voyez donc chez eux
Qu’ajouter qui n’ait déjà été dit : il faisait très froid, le RER était capricieux, j’ai tenté de me replier dans un endroit tranquille pour ne voir personne avant les épreuves (raté). Arcueil et sa maison des examens sont toujours des endroits tristes à se pendre, devoir y revenir encore n’est pas des plus agréables. J’ai entendu plusieurs candidats de BU dire à la sortie qu’ils étaient contents car ils étaient en pleine “mariannisation” de l’accueil, c’est aussi mon cas. Rien d’autre à dire, c’est un concours de plus de passé, je n’ose plus croire que ça pourrait être le dernier.
(*) Je compte en âge de blog (je ne connais pas les dates d’anniversaire des biblioblogueurs, rassurez-vous) et, en âge de blog, je suis une mémé…