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Oraux de bibliothécaire interne, session 2017

Oraux de bibliothécaire interne, session 2017

Ayant été candidate à de nombreux concours et lauréate parfois, j’ai parcouru régulièrement les retours d’écrits et d’oraux de concours aussi je me suis laissée convaincre par Cécile de vous écrire un billet sur mes oraux de bibliothécaire interne (session 2017) – Marion B.


Avant de vous soumettre les références des textes et les questions qui m’ont été posées, je souhaite vous en dire un peu plus côté contexte. On entend beaucoup de choses sur les jurys de concours et avant tout je tiens à mentionner que les deux commissions devant lesquelles je suis passée étaient bienveillantes. J’en parle d’autant plus qu’on a cherché à nous préparer au pire en formation pour l’oral de culture générale et que cela me stressait énormément. Les jours J, j’ai eu devant moi un jury de culture générale qui ne m’a pas ri au nez même si mes connaissances n’étaient pas assez approfondies, quant à l’oral de motivation professionnelle, j’ai vraiment eu l’impression de parler, de façon formelle certes, avec des encadrants de mon métier. Il m’a souvent été précisé que le jury cherchait avant tout à recruter des collègues et je trouve que c’était visiblement le cas sur ces oraux.

Pensez donc aussi à l’image que vous renvoyez, à votre attitude. Le jury veut voir également comment vous vous comporterez dans la vie professionnelle et ici d’autant plus qu’en tant que bibliothécaire vous risquez fortement (de plus en plus à l’avenir) d’être amené·e à manager. A une question que vous ne connaissez pas, vous pouvez bien sûr élargir “je ne saurais pas dire mais par contre du point de vue de…” (sans chercher à noyer le poisson dans l’eau toutefois…) mais si rien ne vient mieux vaut un “je vous avoue que je ne sais pas” poli et posé à une attitude agressive ou démoralisée. Et un conseil : pensez à sourire ! On me l’a répété x fois en oraux blancs, j’ai finalement réussi à le faire le jour J, ce n’est pas ce qui vous fera réussir le concours mais une attitude positive malgré le stress est toujours bienvenue.

Au vu des discussions avec mes collègues de prépa concours pour les épreuves orales, je précise que j’ai vu une nette différence dans le niveau exigé en culture générale en externe et en interne. Quand je vois les questions proposées ici, je me rends compte de la chance que j’ai eue.

Une dernière chose avant d’enfin arriver à la partie que vous attendez : apprenez à gérer le stress, autorisez-vous de la détente, des moments où vous dites stop à la pression. Pour moi une partie non négligeable du concours repose là-dessus, surtout si vous êtes de nature stressée. Vous ne saurez pas tout sur tout, alors privilégiez la méthodologie et gardez vous un espace de vie. Je me suis offert 48h de jeu de rôle grandeur nature (GN) pendant mes révisions et je n’ai pas regretté : j’ai fait le vide dans ma tête, la pression qui annihilait mes capacités de révision est retombée et je pense avoir été bien plus efficace après.

Et voici (enfin) ce que vous attendiez :

Oral de Culture Générale

Texte : Abescat Michel, 2016, « “Rose bobonne” : pour les filles, la littérature jeunesse ne voit la vie qu’en rose », Telerama, 24 décembre 2016.

Thème : Stéréotypes de genre en littérature jeunesse

Mon plan :
I Genre et littérature jeunesse
II Genre et marketing jeunesse

Questions :

  • Y a-t-il un média moins genré que le livre pour la jeunesse ? (attendu : la télé)
  • Pouvez-vous nous parler de la loi sur la parité ?
  • Pouvez-vous nous parler des mouvements de libération de la femme à travers le temps ?
  • Pouvez-vous nous citer des noms de femme en politique ?
  • Et une qui a été “plus que Ministre” ? (attendu : Edith Cresson)
  • C’était quand ?
  • Connaissez-vous des femmes chefs de grandes entreprises ?
  • Que pouvez-vous nous dire sur l’édition jeunesse ?
  • Vous avez parlé des livres en supermarché, entre la librairie indépendante et le supermarché il y autre chose ? (attendu : Fnac, Amazon)
  • Et en terme d’ebooks et de bibliothèques, vous connaissez quelque chose qui favorise les librairies ? (attendu : PNB)
  • Une initiative ministérielle pour justement lutter contre les stéréotypes de genre ? (attendu : les ABC de l’Egalité, s’en est suivi une discussion sur “A poil la maîtresse” et l’affaire “Tango a deux papas”)
  • Vous avez parlé d’héroïnes de jeux vidéo aux mensurations improbables, vous pouvez nous en citer ? Et savez-vous s’il y a des mouvements sur le sujet dans le milieu du jeu vidéo ? (attendu : Lara Croft et ses nouvelles mensurations plus réalistes)
  • N’y a-t-il pas un autre mouvement artistique qui a récemment milité pour la reconnaissance des femmes ? (attendu : l’affaire du festival d’Angoulême où seuls des auteurs hommes étaient nominés)
  • Pouvez-vous nous parler de femmes auteures de BD ?

 

Oral Motivation Professionnelle

Texte : Sève Marie-Madeleine, 2016, « Gestion d’équipe : Faire face à une équipe hostile », Entreprises et Carrières, 6 septembre 2016.

Thème : Stratégies pour faire face à une équipe hostile

Mon plan :
I Les stratégies possibles
II Les limites

Questions :

  • Que faites-vous si un agent de votre équipe est en souffrance au travail ?
  • Vous nous avez parlé du management persuasif, pouvez-vous le définir et nous parler d’autres types de management ?
  • Votre dossier RAEP parle de formation, pouvez-vous distinguer les différents types de formation en bibliothèque ?
  • Vous pouvez nous parler des nouveautés dans l’aménagement des espaces en bibliothèque ? (notamment en lien avec la formation)
  • Pouvez-vous nous parler de la notion de 3ème lieu ?
  • Donc, on met des poufs, une machine à café, et ça y est ? on est un 3ème lieu ?
  • En tant que formatrice, vous devez sûrement être amenée à faire de la veille. Vous vous y prenez comment ?
  • Et comment faites vous pour diffuser cette veille auprès de votre équipe ?
  • Vous nous dites qu’un agent qui est en opposition face à vous peut le rester. C’est le cas, la situation s’est enkystée, vous avez tout essayé parmi les stratégies proposées, il est toujours en conflit avec vous et vous êtes son chef d’équipe, que faites-vous ?
  • Imaginons, vous êtes lauréate du concours, quelle famille de poste vous intéresse ?
  • Pouvez-vous nous parler de Collex ?
  • Vous pouvez nous parler de Gallica ? Et plus exactement des nouveautés de Gallica ?
  • Je cherche des informations sur un architecte du XXème siècle (dont je connais le nom). Comment je m’y prends ?

 

Bon courage à tou·te·s !

Oraux de conservateur

Oraux de conservateur

Nouveau billet sur les concours internes, sous la pression de mes twittos préférés qui se reconnaîtront ! Mais c’est le dernier, ensuite journées d’étude ou pas, actualité brûlante ou pas, je serai en va-can-ces de blog !
J’étais aussi convoquée sur deux jours : mardi après-midi pour la motivation, mercredi dès 8h15 pour l’espagnol, puis 13h15 pour la culture générale.
Je copie/colle, depuis le billet assorti pour les oraux de bibliothécaire interne, mon conseil préalable : les jurys ne sont pas les mêmes d’une année sur l’autre et l’orientation des questions peut changer du tout au tout. Les billets que nous pouvons publier de nos expériences à l’oral ne doivent donc pas trop orienter vos révisions.
  • Oral de motivation (interne)

“Il faut mener une réflexion approfondie sur la mobilité et les carrières”, La Gazette, 25 mars 2013. Dix minutes de commentaire, suivies de vingt minutes de questions.

Commentaire (notes en vrac d’après mes brouillons) :
I – Un statut protecteur mais un manque de reconnaissance
– emploi garanti, statut de la FP (1983),
– satisfaction des agents, dit la ministre
– statut qui offre aussi des garanties aux usagers des services (obligation de neutralité, de discrétion des agents, etc)
– pour les agents par contre, peu de perspectives de carrière hors concours et promotion
– la formation des agents se développe mais n’est pas suffisante pour permettre une véritable évolution des carrières.
– importance de la VAE
– peu de reconnaissance du travail des équipes, selon les agents
II – Mais des réformes à la fois nécessaires et impopulaires
– MAP : suite de la RGPP (définitions)
– certains ministères sont beaucoup plus touchés par la baisse des effectifs. L’ESR est relativement épargné.
– exemple des CAF, de Pôle emploi : traitement des dossiers plus rapide par manque de personnel. Les usagers perçoivent une qualité de service moindre.
– Pourtant des actions parfois importantes : charte de qualité accueil. Ont par exemple obligé à repenser les procédures.
– La question de la mobilité est impopulaire chez les agents, pourtant elle peut apporter un enrichissement à une carrière. Cependant les questions familiales sont à prendre en compte.
– L’allongement du temps de travail par la réforme des retraites : le journaliste demande si c’est une solution pour pallier les suppressions de postes.
– Question de la pénibilité si les agents sont plus âgés et des risques psycho-sociaux
Conclusion : statut protecteur mais le nombre accru de réformes a suscité l’inquiétude des agents. Malaise auquel il convient de répondre en tenant compte des contraintes budgétaires, ce qui n’est pas aisé.

Questions
Contrairement au concours de bibliothécaire où le jury avait lu mon RAEP mais ne m’avait posé que peu de questions sur mon parcours, cette fois j’ai de nombreuses demandes de précisions par rapport à ce que j’avais pu écrire. 
– une réforme en cours dans la FP ? (le texte y faisait allusion)

– comment motiver un agent ? et s’il n’est pas promouvable ?

– la RGPP a-t-elle permis de réduire le nombre de fonctionnaires ?
– des questions sur mon parcours, sur le fait que je n’ai pas enseigné avec un CAPES, sur ma participation au groupe bibliothèques hybrides,
– mon expérience de l’encadrement (je m’occupe des tuteurs à la BU),
– relations bibliothécaires/chercheurs,
– qu’attendez-vous de l’enssib ?
– …

  • Oral de culture générale (interne)
Commentaire : vous êtes des grands, vous avez compris le principe. Non, pas de “tu pourrais recopier ce brouillon aussi” qui tienne !

Questions :
– plusieurs questions sur le texte,
– déconcentration, décentralisation ; rôle des préfets (impact de la décentralisation sur leur rôle),
– création de l’ENA, date, histoire,
– Aristide Briand,
– quatre figures de républicains,
– les jeux vidéos sont-ils un divertissement ?
– liseuses/tablettes : ce qu’elles changent pour la lecture par rapport au papier,
– questions sur Queneau, Perec et l’Oulipo,
– …

  • Espagnol (interne)

Entramos en la casa de las palabras“, Víctor Núñez Jaime, El País, 3 mars 2013. Le texte donné s’arrêtait à “amén”, la partie que j’ai dû traduire est le paragraphe 3.

Traduction : une bonne partie de l’épreuve a consisté dans la reprise de ma traduction. J’ai trouvé ce paragraphe difficile. Il y avait un poème, des métaphores, j’ai dû justifier mes choix et revenir sur mes erreurs. Le jury m’a demandé quelle partie j’avais trouvé la plus dure pour la traduction, je lui ai répondu le plus honnêtement du monde (d’autant plus que j’étais persuadée d’avoir raté l’épreuve).

Questions :
– on m’a demandé de présenter le texte. Même si j’ai eu des difficultés pour la traduction, j’avais gardé quelques minutes pendant la préparation pour réfléchir à une présentation du texte avec deux axes, histoire de ne pas être prise au dépourvu si la question m’était posée.
– les autres questions ont porté sur les littératures espagnole et latino-américaines. Ce sont des littératures que j’aime par-dessus tout, j’espère que j’ai eu l’enthousiasme communicatif !

  • Pour conclure

Ne négligez pas la motivation professionnelle. Ça a été ma grande erreur il y a trois ans. Paniquée que j’étais par l’étendue de mes lacunes en culture générale, j’ai privilégié cette épreuve. Or la motivation ne s’improvise pas : au minimum, lisez quelques ouvrages sur le management et posez-vous la question de votre vision de l’encadrement.
Si vous avez la chance de travailler en bibliothèque, observez vos chefs sans leur dire 😉 et réfléchissez à la façon dont ils prennent chacune de leurs décisions. Soyez attentifs à leur manière de répondre ou pas aux demandes des agents. Feriez-vous pareil ? Si oui/non, pourquoi ? Essayez de faire le lien entre ce que vous voyez sur le terrain et les manuels lus, puis faites-en votre miel afin de pouvoir livrer au jury une vision de l’encadrement qui vous soit personnelle. L’idée est de maîtriser quelques termes de management et d’en glisser dans l’entretien pour montrer qu’on les connaît, sans pour autant livrer un discours formaté.
La question de l’encadrement est essentielle pour les jurys et on ne peut que leur donner raison. Un mauvais management peut avoir des conséquences à ce point désastreuses sur les individus, voire sur les équipes entières, qu’on ne peut traiter ce sujet à la légère.
Enfin, pensez à voir loin : le jury peut très bien poser des questions sur le long terme. A vous de savoir si vous pensez à une carrière très classique (ce lien est une boutade) ou plutôt geek (ce lien est aussi une boutade). Plus sérieusement, demandez-vous si dans dix ans vous auriez envie d’un parcours dans la veine de celui de Christophe Peralès ou de Nicolas Morin, de Bertrand Calenge ou de Manue Bermès. Désolée pour le name dropping, j’essaie juste d’illustrer la variété des profils possibles dans un même corps.

La langue, dont le coefficient a été augmenté, peut rapporter des points et permet de réviser en se faisant plaisir : lire des romans et regarder des séries ou des films n’est pas des plus désagréables. Et ça servira toujours pour l’IFLA !

Pour tordre le cou aux terreurs nocturnes concernant la culture générale, il y a des choses cette année que je n’ai pas sues et je m’en suis sortie avec une note moyenne. Les derniers rapports de jury indiquent que nos capacités d’analyse sont privilégiées et j’ai eu vraiment l’impression que c’était le cas.
Pour la préparation, je crois que le minimum est de lire un quotidien du soir, de parcourir les articles de quelques autres et de jeter des coups d’œil réguliers aux magazines d’actualité. Ajouter Esprit et quelques revues du même genre est une bonne chose.
Il existe des manuels de culture générale qui sont de bonnes bases pour réactiver les vieilles connaissances endormies depuis le lycée. Plusieurs privilégient la forme quizz, qui peut aider quand on n’en peut plus de relire ses fiches. J’avais effectivement fait ou récupéré des fiches sur les sections du programme. Pour gagner du temps, je me suis limitée dans les fiches que je faisais moi-même aux sujets incontournables et j’en ai énormément récupéré, celles de prépa d’une copine, d’autres sur internet, etc.

Pour ce qui est de la presse pro, j’ai passé quelques demi-journées sur la mezzanine de la bibliothèque Buffon. Elle donne sur le jardin des plantes et le wifi ne marchait pas, parfait pour ne pas se distraire ! Et il y a le thé à la menthe de la mosquée toute proche en récompense.

Concernant les écrits, une dernière chose pour les internes, continuez à écrire. Sur un blog, sur du papier vergé, pour parler des aventures de votre chat ou de la cuisine moléculaire, qu’importe, mais continuez à écrire. Si je compare mes dissertations de CAPES et celles des deux années précédentes, la différence est frappante en matière de style et de richesse de vocabulaire, mais aussi dans la façon de structurer le discours. Pour moi, c’est une catastrophe. En catégorie B, les tâches professionnelles conduisent rarement à rédiger et les capacités d’écriture se perdent très vite. Entretenez-les, même par de longues lettres à tata Georgette (en plus elle sera contente).

Que dire d’autre ? Le travail personnel est essentiel pour les concours mais il y a aussi une part de chance sur laquelle on n’a aucune prise. Tout échec est à prendre comme une expérience pour s’améliorer. Quoiqu’il se passe, continuez à les passer. J’ai failli arrêter bien des fois, sans le harcèlement soutien familial et l’appui des collègues je n’aurais peut-être pas persévéré. J’aurais vraiment eu tort.

J’essaierai de faire un billet sur les épreuves écrites à la rentrée. D’ici là, bel été !

Oraux de bibliothécaire

Oraux de bibliothécaire

Le voici donc, ce billet qui m’a été réclamé par billet, tweet et aussi par mail ! Après j’ai le droit d’aller buller, dites ?
J’étais convoquée sur deux jours, mercredi et jeudi matins. Entre les deux, cinéma et séries les plus débiles que je puisse trouver pour ne pas trop gamberger… 
Un conseil préalable : les jurys ne sont pas les mêmes d’une année sur l’autre et l’orientation des questions peut changer du tout au tout. Les billets que nous pouvons publier de nos expériences à l’oral ne doivent donc pas trop orienter vos révisions.

  • Oral de motivation (interne)

“Comment la crise transforme l’entreprise”, Dominique Wolton, Le Monde, 20.11.12. Dix minutes de commentaire, suivies de vingt minutes de questions.

Commentaire (reconstitué d’après mes brouillons, l’article est en édition abonnés, c’est dommage, car le commentaire seul ne vous aidera pas beaucoup sans lui) : après une présentation rapide du thème de l’article et de son auteur, j’ai repris pour la problématique le terme du sous-titre de l’article : dans quelle mesure la communication d’entreprise traditionnelle est-elle devenue “inaudible” ? Plan en 2 parties : la fin d’un modèle ; vers une “communication-négociation”
I – a – définition du modèle traditionnel, fondé sur une “communication-transmission”, qui va du haut vers le bas (exemple d’entreprises très paternalistes au 20e s), journaux d’entreprises plus promotionnels qu’informatifs, réunions d’informations plus que d’échanges.
I – b – Mais la crise et l’évolution de la société remettent ce modèle en cause : les salariés sont très informés (ex. de Petroplus), d’où des inquiétudes légitimes de leur part. Il existe aujourd’hui une porosité entre extérieur et intérieur qui ne permet plus de maintenir les schémas traditionnels. Les dirigeants, comme les enseignants, doivent s’adresser à leurs salariés avec une présomption de compétence (voir Petite poucette de M. Serres). Si les entreprises verrouillent la communication, cela génère forcément des tensions.
Transition : ce modèle est à changer, sans pour autant tomber dans l’utopie des phalanstères qui, eux non plus, ne correspondent plus à l’époque.
II – a – Pour Wolton, il faut penser la communication comme “condition de confiance dans les rapports sociaux”. L’ancien modèle continue à faire des dégâts : les suicides à France Telecom et La Poste sont en partie imputables à une perte de confiance des salariés vis-à-vis de leurs entreprises. Il s’agit de changer de modèle, c’est-à-dire savoir glisser d’un modèle vertical vers plus d’horizontalité (exemples : groupes de travail, informer différemment via des RSE, …).
b – Il faut aussi s’appuyer sur l’intelligence créatrice en utilisant les compétences de chacun et en étant à l’écoute des équipes. Enfin, Wolton préconise de revaloriser les représentants du personnel et les syndicats en restaurant le dialogue.Tout cela dans le respect de la hiérarchie : les décisions doivent être prises à la suite de négociations, en s’appuyant sur les salariés. Elles doivent être transparentes, pour répondre à une exigence forte de la société d’aujourd’hui.

Conclusion : aujourd’hui, il est primordial de restaurer le dialogue dans l’entreprise pour limiter les risques psycho-sociaux. En termes de management, le but est de trouver le plus juste équilibre entre l’écoute des salariés et l’intérêt de l’entreprise.

Parmi les questions dont je me rappelle : les moyens de communication interne pour une bibliothèque ; donner des exemples  de blog ; Bibliobsession (je l’avais cité) est un blog de bibliothèques ou un blog personnel ; un agent est contre le changement, que faire ; à quel moment peut-on évoquer avec les agents leurs motivations et leurs envies pour leurs carrières ; les learning centres ; le projet de SGB mutualisé de l’ABES ; le développement et le financement de l’emploi étudiant, la mobilité après le concours vous pose-t-elle problème ; les qualités d’un encadrant (j’ai parlé de capacité d’écoute et d’orientations claires pour les équipes), et l’autorité ?
A deux des questions posées, je sais que les jurys avaient lu mon RAEP. Ils ne m’ont pas fait parler de mon parcours, sans doute parce qu’ils en avaient déjà connaissance.

  • Oral de culture générale (interne)

“Etat et entreprise : qui crée du bien public ? Pour des partenariats public-privé gagnants”, Vincent Levita, David Martimort, Le Monde, 03.12.12 (ô joie, il y a un PPP dans mon université, je lis tout sur le sujet depuis trois ans). Dix minutes de commentaire, suivies de vingt minutes de questions.

Commentaire (reconstitué d’après mes brouillons, essayez là aussi de mettre la main sur l’article sinon ce ne sera pas très parlant) : en introduction, j’ai précisé d’emblée que le texte prenait fait et cause pour les PPP, avant de les définir. Problématique : dans quelle mesure les PPP contribueraient-ils à créer du bien public.
Plan en 2 parties : un héritage ancien qui n’a cessé de se développer ; mais un modèle remis en cause aujourd’hui.
I – Un héritage ancien, a – depuis Colbert, après les guerres dispendieuses de Louis XIV. Colbert a imaginé ce moyen pour doter la France des infrastructures qui lui faisaient défaut (ex. du canal du Midi). Bémols immédiats de ma part : au 17e s, l’économie reposait beaucoup sur la politique agricole, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Il y a certes eu de grands travaux mais c’est une époque troublée où la pauvreté était très importante.
I – b – Au 20e s, projets d’autoroutes par des sociétés privées avec des péages le temps de rentabiliser les travaux. Exemples d’hôpitaux et d’universités avec PPP. Points positifs : délais de constructions tenus et bâtiments livrés dans les temps.
II – Mais un modèle remis en cause aujourd’hui. a – Les PPP ne sont ni un modèle de privatisation, ni des nationalisations, disait le texte. Pourtant, des tensions s’exerceront forcément entre une entreprise qui cherche à générer du projet et l’Etat qui cherche à faire des économies (ce passage vous dit quelque chose ? c’est normal ! Moralité : continuez vos activités même pendant les préparations aux oraux). Si on reprend l’exemples des autoroutes, elles ne sont toujours pas gratuites aujourd’hui…
II – b – On constate un net ralentissement des PPP depuis le retour de la gauche au pouvoir et une augmentation des appels d’offres (définition d’appel d’offres et différences entre les deux). Les appels d’offres, il faut le souligner, font aussi travailler des entreprises privées.  Le texte évoque le recours aux entreprises locales dans le cadre des PPP mais on constate que ce sont souvent de très grosses entreprises qui les remportent. Il y a certes des raisons électoralistes dans cet infléchissement des recours aux PPP mais on sait désormais aussi qu’ils ne sont pas sans problèmes. Les loyers sont très chers, les réparations et les ajouts de matériels sont facturés lourdement et les établissements ont peu de liberté de manœuvre pour faire évoluer “leur” bâtiment. Les universités et les hôpitaux qui ont eu recours à des PPP récemment ont connu des déboires : locaux inutilisables pour certains. Enfin, les exemples étrangers ne sont pas rassurants, certains hôpitaux anglo-saxons sont en faillite à cause de loyers trop chers.
Conclusion : Les PPP sont sans doute importants lorsque l’Etat peine à emprunter de l’argent pour investir. Pourtant, même si la France a perdu son triple A, ses taux d’emprunt sont encore avantageux. Faut-il alors prendre le risque de ces loyers très élevés qu’imposent les PPP ?

Questions : plusieurs demandes de précisions sur les PPP en fonction de mon commentaire. Plus je répondais, plus on m’en demandait (sur les taux d’intérêt, la gestion des autoroutes, etc.). Quand je n’ai plus su, je l’ai dit et le sujet a changé, ouf…. 
Ensuite les questions ont été très professionnelles, j’ai eu comme Emilie l’impression d’un oral de motivation bis. Alors que j’avais eu un véritable oral de culture générale à conservateur externe (les hussards de la République ? Vautrin ? la crise boulangiste ? le dodécaphonisme ? etc.), cette fois je n’ai eu aucune question qui s’y rapporte un tant soit peu, pas même concernant l’actualité culturelle. Je crois pourtant savoir qu’il y avait des questions de ce type aux oraux il y a deux ans. Voilà quelque chose qui a été un peu déstabilisant mais, consciente que j’étais de ma chance d’être à l’oral, j’aurais répondu à tout, même si m’avait demandé si l’arbre dehors était un arbre de Judée ou un lagerstroemia (rien à voir avec le concours mais, si vous êtes expert en la matière, d’ailleurs, j’ai besoin de vos lumières) !
Lesdites questions se sont centrées sur les conseils de l’université ; les droits et les devoirs du fonctionnaire ; les services aux chercheurs ; les domaines de compétences de l’Union européenne ;  les échanges type Erasmus et les harmonisations LMD dans le cadre européen. Une question portait sur le tribunal administratif, les étapes d’une affaire renvoyée en appel, voire en conseil d’état. 
***

En papotant avec les candidats, nous avons constaté que nous avions souvent les mêmes questions, sans doute pour que le jury puisse véritablement nous comparer.

Une astuce : faire des plans bateau ! En trente minutes de préparation, pas le temps de finasser. Je fais toujours ultra simple mais je veille par contre à bien souligner la problématique et l’annonce du plan en introduction, puis à signaler que je passe à la 2e partie quand j’y arrive. Même chose pour la conclusion. En général, je vois le jury prendre des notes consciencieusement dans ces moments-là : au énième candidat, les jurys sont contents quand ils n’ont pas à se creuser pour savoir où vous en êtes de votre exposé.

C’est un bref aperçu des épreuves qui n’est peut-être pas très parlant. Les oraux sont d’abord une conversation, certes formelle, avec une introduction par le candidat un peu longue, mais une conversation quand même : le jury oriente ses questions en fonction de votre commentaire (donc pas de références pour faire bien que vous ne saurez pas développer ensuite !), puis ses autres demandes en fonctions de vos réponses successives.

Le jury cherche systématiquement à savoir jusqu’où le candidat peut aller : j’ai eu des questions auxquelles je ne savais pas répondre dans tous les oraux que j’ai passés. Il s’agit de voir comment le candidat se débrouille pour ne pas répondre à la question, s’il se déstabilise ou pas. Ce n’est qu’un moyen de vérifier qu’une fois cadre on ne s’effondrera pas devant une demande difficile.

Les jurys des concours de bibliothèques sont parfois impressionnants mais je les ai toujours trouvés bienveillants. Les procès qui leur sont parfois faits me semblent un peu injustes. Si vous avez passé comme moi les oraux du CAPES, vous saurez de quoi je parle en matière de jurys terrifiants !

Que dire de plus ? Qu’il faut garder confiance en soi, tout le temps. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens… Et puis il y a une part de chance dans tous les concours. Si j’avais eu des questions sur les facteurs d’impact des revues scientifiques comme Emilie, j’aurais été bien en peine d’y répondre…