Chronique d’une littéraire confrontée aux TIC pendant son année de préparation aux concours des bibliothèques

C’est la rentrée ! Liber, libri s’était endormi au mois d’août, comme vous avez pu le contaster… Il était donc temps que je livre le bilan de mon année concours (billet rédigé en juin dernier).
A prévoir : un rythme de publication chaotique au premier trimestre pour cause de changement de vie !

Quand on a suivi une formation littéraire et qu’on s’intéresse au monde des bibliothèques, il est une chose qui surprend : le technicisme du métier. La vision très éthérée que l’on peut avoir du bibliothécaire érudit vole en éclat dès les premières semaines. Bref, le littéraire naïf qui prétend présenter le concours armé de sa connaissance des hypotyposes chez D’Aubigné est très, TRÈS mal loti !
Ce n’est pas tout à fait mon cas puisque je n’ai jamais ignoré cette réalité de la profession, grâce au métier maternel (une doc). J’ai couvert des livres et rempli des fiches dès le primaire – c’était là un temps où l’on n’était pas informatisé ! – et je suis encore régulièrement mise à contribution pour quelques menus travaux.
Néanmoins, la transition fac de lettres > cours du CNED s’est révélée brutale. Il y eut quelques désagréments liés à la formation elle-même. Moi qui pensais naïvement que le record du nombre de sigles était détenu par l’Education nationale, nenni ! Le monde des bibliothèques possède des abîmes de sigles, auxquels s’ajoutent ceux concernant les TIC (tiens donc, en voilà un). Mais passé la phase rébarbative qui consiste à répertorier et à mémoriser ces petits groupes de lettres, cet apprentissage des métiers du livre m’a beaucoup plu.
Car je suis une littéraire qui aime l’informatique ! En maîtrise, combien dans ma section avaient fait taper par un tiers (parfois payant) leur mémoire à cause méconnaissance de Word. Enseignants aujourd’hui, ils doivent désespérer devant les logiciels de saisie des moyennes.
J’ai aimé les TIC, comme les maths d’ailleurs, dès lors que je les ai considérées comme un outil pouvant me faciliter la tâche. Si je rapproche les TIC des maths, c’est que plus jeune, je nourrissais une forte aversion pour cette discipline. « À quoi ça sert, d’abord, les maths ?! »Jusqu’au jour où un enseignant me répondit : « À rien. Elles sont un tremplin vers autre chose. Physique, chimie, etc. » Dès lors, j’ai tenu la matière en estime.
Côté TIC, j’ai nettement progressé depuis Liber, libri. Je me suis d’abord débattue avec l’hml pour créer des liens vers mes biblioblogs préférés et pour établir une liste de catégories – certains s’en souviennent peut-être. C’est un langage barbare pour qui l’ignore complètement. Vint aussi la phase agrégateur et fils RSS (qui ne sont pas des républiques socialistes soviétiques !), choses dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Heureusement, Netvibes est un outil très facile à utiliser et les onglets récemment mis en place très utiles pour le classement des flux. Puis, j’ai installé Xiti afin de mesurer l’audience de ce blog et surtout de rêver devant les pays lointains desquels viennent certains lecteurs…
Hier, toutefois, l’informatique a failli avoir raison de ma patience. Après avoir créé un diagramme bateau sur le prix du livre (bateau, vous dis-je), je souhaitais le publier sur le blog. Impossible ! Si mon autre blog (chez Typepad) a daigné reconnaître le format gif, celui-ci (Blogspot) l’a refusé 🙁 Nouveau défi pour la semaine prochaine : le transfomer en pdf. Cela doit paraître enfantin aux bibliogeeks mais lorsqu’on est seul devant son écran, on y passe du temps, beaucoup de temps.
Aujourd’hui, enfin, je me suis risquée à user de del.icio.us, ne supportant plus le fatras de liens que j’avais recensés sur divers supports : messages électroniques, sous-dossiers de dossiers de favoris, post-its (!), etc. J’avais longtemps hésité à franchir le pas parce que del.icio.us ne parle qu’anglais. Mais les explications se sont révélées claires et simples. Mon fatras commence donc à décanter et ma liste de mots-clés s’enrichit. Une page intéressante ? Hop, del.icio.us ! Les liens partagés seront pour bientôt, je l’espère.
Bien sûr, tout cela n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan TIC mais je suis contente de mon autoformation.
Je dois quand même confesser qu’on ne se refait pas. Je rédige mes billets à la main sur un vieux cahier avant de les transcrire sur l’ordinateur !!! Cette étape archaïque me permet de poser mes idées et de multiplier les relectures de mes notes. Et, plus que tout, j’aime le son de la plume qui gratte le papier.
La préparation au concours lui-même, je l’ai suivie par correspondance. Cela a découlé plus d’une nécessité que d’un choix (j’y reviendrai peut-être). Les cours que j’ai reçus ont constitué une base de travail solide, que j’ai complété par le précieux manuel Le métier de bibliothécaire. J’ai parfait cette formation en lisant nombre d’ouvrages relatifs aux métiers du livre, ce dont mes billets témoignent.
Par ailleurs, je me suis rendue à un rythme hebdomadaire dans une bibliothèque associative où j’ai aidé à l’équipement des ouvrages.
Si cela n’a pas suffi pour réussir les concours, cela m’a néanmoins procuré une formation solide de la chaîne du livre. Et j’ai pris conscience que la lectrice que je suis doit son activité au bûcheron qui a abattu l’arbre nécessaire au papier.
J’ai également affermi ma connaissance du monde de l’édition et je me sens mieux armée pour saisir les subtilités des rachats en cascade dans ce milieu.

Tout cela, finalement, pour dire que ce fut une année positive 🙂

Ps : après quelques mois d’utilisation de del.icio.us, mon fatras est classé mais il reste quand même mon fatras … puisque je ne prends pas le temps de consulter les pages que j’ai référencées. Arfff !

2 Commentaires

  1. Voyons ce que Google a à me dire de l’hypotypose:

    Hypotypose : Nom féminin. Figure de style consistant en une description réaliste, animée et frappante de la scène dont on veut donner une représentation imagée. Synonyme : tableau. Elle peut prendre la forme d’une énumération de détails concrets.

    Ex : [dans les baignoires de la grotte de Lourdes] « Il s’y rencontrait de tout, des filets de sang, des débris de peau, des croûtes, des morceaux de charpie et de bandage, un affreux consommé de tous les maux, de toutes les plaies, de toutes les pourritures. Il semblait que ce fut une véritable culture de germes empoisonneurs, une essence des contagions les plus redoutables, et le miracle devrait être que l’on ressortit vivant de cette boue humaine. »
    (Emile Zola / 1840-1902 / Lourdes / 1896)

    …finalement ça peut bien servir à décrire les fonds de certaines bibliothèques !

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