Lectures bibliothéconomiques

  • Le livre numérique et l’Union européenne, de Maud PLENER, paru chez L’Harmattan en 2003.

Je ne l’ai que feuilleté. La table des matières est prometteuse, les quelques chapitres que j’ai parcourus détaillés et compréhensibles par la néophyte que je suis. Petit agacement à la lecture de l’introduction : pourquoi faut-il systématiquement remonter au codex et à Gutenberg dès qu’on publie un ouvrage sur le livre ?

J’aime les deux citations liminaires :

“Les livres. Ils sont sur ma table. Je les ai ouverts, au hasard. Je les ai feuilletés. Un apaisement est venu, dont je ne savais pas avoir besoin. Un bonheur de lire, antérieur à l’acte même de lire. Une lumière dérobée par ce premier regard, distriat rapide.” Christian Bobin, Souveraineté du vide, 1981

“On a oublié la parole de l’Apocalypse : “Et je pris les livres des mains de l’Ange et le mangeai, et il était dans ma bouche comme du miel.” Mais qui se soucie encore des anges de nos jours ? Et que sait-on de la vie, de la vraie vie d’un livre ?” Adrien Pasquali, Une vie de livre, 2000.

  • L’Homme-livre, dir. Peter Schnyder, Orizons, 2007.

Actes de colloque passionnants (très littéraires), où l’on apprend que Flaubert écrivait pour lire, un peu à la manière de Manguel, que sa Bovary n’est pas si éloignée du Quichotte dans son refus du principe de réalité. Du point de vue de la femme-livre, Beatrix de Balzac a l’air passionnant. Une citation extraite de la dernière communication pour finir en beauté.

“De l’auteur au bibliomane, toutes les occupations et métiers du livre méritent donc d’être convoqués au grand procès de la littérature. Incunables, bouquins, libelles, tracts, in-folios ! nos auteurs, copistes, enlumineurs, imprimeurs, protes, correcteurs, marchands ou lecteurs n’ont pas fait que traduire à leur façon une vision du monde sans cesse renouvelée. Ils ont démontré, parfois avec leur sang, létroite relation qui lie l’homme-livre à l’homme libre et ont, à ce titre, ouvert nos yeux sur le monde…” Eric Lysoe, “L’homme-livre à la croisée des mondes ou la chair du diable”

  • Le livre : que faire ? La Fabrique, 2008.

Une succession de textes alarmistes or j’aime la déploration… en poésie seulement. Voir la critique qu’en fait d’Olivier Tacheau. Je serais tout de même un peu moins sévère que lui mais comme je bats la flemme pour rédiger ma propre critique, je vous confie à ses bons soins.

  • Où va le livre ? éd. 2007-2008, sous la direction de Jean-Yves Mollier, La Dispute, 2007.

Lecture du chapitre 12 “Du livre aux bibliothèques”, par Christophe Pavlidès. L’auteur dresse un état des lieux, en insistant sur les deux symboles que constituent Tolbiac et la BPI. Il revient également sur les lois qui ont directement concerné la profession (droit de prêt, DADVSI).

Une phrase qui m’a parue particulièrement pertinente : “Comment la culture juridique vient au bibliothécaire à son corps défendant”, dans le paragraphe “Pluralisme et censure” (affaires des bibliothèques d’Orange et de Vitrolles).
Il me semble que la question de la “culture juridique” est cruciale en ce qui concerne les produits culturels dématérialisés où l’on s’achemine de plus en plus vers des négociations contractuelles. Par ailleurs, les possibilités offertes par les nouveaux outils, et notamment ceux du web 2.0, vont parfois à l’encontre de la législation sur le droit d’auteur et sur le droit au respect de la vie privée, autant de notions qui ne sont pas toujours maîtrisées. Lors de mes stages, je me suis amusée, peste que je suis, à poser la question des droits à tous mes interlocuteurs. Les réponses allèrent de la méconnaissance totale à une sourde colère. Enfin, d’un point de vue plus privessionnel, tenir un biblioblog nécessite également une culture juridique.

Pour finir, quelques liens :